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Fais-moi peur

Médium poche
Roman
à partir de 13 ans
381 pages
Réédition
: 9782211234733
7.80
euros

L'avis de Ricochet

Ce soir du 23 décembre, les époux Mintz sortent au spectacle en laissant leurs cinq enfants seuls à la maison : Gervaise la pré-ado, Mone la sage (?), Barnabé, Odette qui réclame un sapin et Bébé Lou. Il y aura aussi la visite d'Amoh, un copain d'école de Mone. Radiah, étudiante et baby-sitter attitrée, doit passer vérifier que tout se passe bien car on n'a pas voulu de Mamido, la grand-mère un peu étouffante. La soirée commence comme d'habitude, entre cuisine saccagée, chouette apprivoisée qui hulule au grenier, jeux farfelus et salissants. Odette s'obstine, elle veut un sapin ! (Ce running gag du roman aura aussi une importance dramatique).

Pendant ce temps, le mal avec un grand M rôde dehors, et les enfants n'en savent rien… Monsieur N a eu une enfance bizarre et est resté un adulte tout aussi bizarre, empli de haine raciste, de troubles et de paranoïa. Par un hasard complètement échevelé, à savoir une plaisanterie avortée de Barnabé et un coup de vent qui fait voler une lettre anonyme, monsieur N se met en tête de pénétrer chez les Mintz et de tuer les enfants. Heureusement, Ulla la chouette apprivoisée, Mamido qui ne parvient pas à dormir, Gabriel, un jeune homme aveugle rencontré par Radiah (un ange !), et surtout l'insouciance monstrueuse des enfants vont les protéger.

C'est la réédition d'un roman de type plus ou moins thriller, qui va parler de folie mais aussi d'antisémitisme, sur un fond douillet d'enfance et de connivence entre les personnages tel que l'auteur sait les bâtir en quelques phrases. De fait, le plaisir le dispute à l'horreur dans le cœur du lecteur. Un peu sonné par le rythme, ce dernier ne manquera pas de se souvenir de cette étrange et bancale affaire à la fin heureuse : l'ouvrage est un classique. On notera particulièrement le beau personnage de Mamido qui sait éclairer complètement le livre tout en apparaissant tardivement...

« – Alors pourquoi on met pas de sapin ? Noémie, sa mère, elle en a acheté un qui touche le plafond !
La grande sœur sourit.
– Parce que Hanoukka est une fête juive, et que les Juifs ne mettent pas de sapin.
– Je veux pas être juif, je veux un sapin.
– Mais nous, on allume les petites bougies ! »
(p. 75, conversation entre Mone et Odette)

Présentation par l'éditeur

Monsieur N. n'avait pas été un criminel toute sa vie. La preuve, il avait déjà neuf ans quand il tua pour la première fois. Bien entendu, à cette époque, il n'était pas encore monsieur N.. Il était Léo, petit garçon qui passait ses vacances chez Mémé et Pépé... Et puis, vingt ans plus tard, le voici, rôdant autour de la maison de la famille Mintz. Les parents sont sortis, les enfants font du pop