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Un ours et moi, et moi, et moi

Sélection des rédacteurs
Pastel
Album
à partir de 5 ans
: 9782211229395
13.00
euros

L'avis de Ricochet

A moitié dissimulé derrière un ours un peu emprunté, un enfant ravi, câline l’animal. C’est Léo, un petit garçon angoissé par une certitude, tout le monde est fâché contre lui, sans savoir ni comprendre pourquoi. Sa sœur, sa voisine, le ciel sous la pluie, la rivière qui déborde sont autant de preuves que tout est ligué contre lui. Même l’ombre qui le recouvre dans la forêt est une preuve supplémentaire, jusqu’au moment où « il entend bouger dans les fourrés » : un ours !

Entre l’enfant malheureux et l’ours, une muette amitié s’installe ; l’ours devient le rempart de la douleur. Le récit bien construit est à juste distance entre le réel et l’imaginaire. Côte à côte sur leur banc, mangeant du miel, pour les deux héros, c’est la béatitude. Il y a quelque chose de bouleversant chez Léo, tellement persuadé que tout le monde lui en veut. Tout est vu par son regard et le dessin minimal d’Ingrid Godon, les couleurs tout en nuances émeuvent le lecteur. Les regards entre les personnages, leur relation aux éléments, tout petits dans la spirale de la mer ou seuls dans le gris sombre de la pluie parlent à l’imagination. Léo c’est l’anti-Max (Max et les Maximonstres). La colère de Max, sa volonté de puissance engendrent des monstres. La peine de Léo, son sentiment de culpabilité engendrent une dévalorisation jusqu’à la disparition. Lorsque la situation se retourne, on est soulagé : on veut croire que la solitude de Léo n’est que le fruit de son imagination. En écho à la première scène où Léo dans son miroir pense « qu’il va vivre une sacrée bonne journée », on est heureux avec l’ours dans le miroir de l’eau qui se dit « c’était une sacrée bonne journée ! »

La peur est un thème fréquent de la littérature enfantine mais une expression si forte de la solitude est rare. Quel regard porter sur soi ? Comment vivre avec soi-même et avec les autres ? Tout en simplicité et en tendresse, Léo, sous la signature de Carl Norac et d’Ingrid Godon, nous parle de cette incertitude existentielle et de notre fragilité face aux émotions.

Présentation par l'éditeur


Comme tous les matins, devant le miroir, Léo se dit bonjour : « Salut, moi ! Aujourd'hui, tu sais quoi ? Tu vas vivre une sacrée bonne journée ! » Pourtant, sa grande sœur fait la tête, sa voisine ne veut pas jouer avec lui et dehors il pleut ! Léo va dans la forêt et se retrouve face à un énorme ours brun. « Tu ne t'en vas pas, c'est étrange. Tu n'es pas fâché contre moi, toi ? »