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Swing à Berlin

Roman
à partir de 13 ans
: 9782747043274
12.50
euros

L'avis de Ricochet

Cette fiction historique est nourrie de faits avérés et Christophe Lambert s’en explique précisément dans la postface. L’idée s’est imposée à lui en 2004 alors qu’il visitait à la Cité de la Musique une exposition consacrée au « III ème Reich et la musique » et, notamment, la section parlant du jazz sous le régime nazi.
Nous sommes donc à Berlin en 1942, période charnière de la Seconde guerre mondiale.
Pour remonter le moral des Allemands, Joseph Goebbels, ministre de la propagande, autorise la diffusion sur les ondes nationales de « musiques de danse fortement rythmées ». Il ne peut parler de jazz, qui fait ouvertement référence aux noirs américains, considérés par les nazis comme des sous-hommes. Or c’est bien de cela qu’il s’agit, « mais dans un esprit typiquement germanique ».
Goebbels ordonne donc à son homme de confiance, Müller, de recruter des musiciens allemands capables de jouer de la musique rythmée, afin qu’ils enregistrent un disque et qu’ils partent jouer en tournée dans tout le pays. La direction artistique est confiée à Wilhelm Dussander, un pianiste et compositeur talentueux, doté d’une solide culture musicale. Le groupe de jazz qu’il animait a été dissous en 1936 car certains de ses musiciens étaient juifs. Dussander n’a aucune sympathie pour le régime nazi mais il n’a guère le choix. Il obéit et part avec Müller auditionner des musiciens à travers l’Allemagne. Il finit par trouver quatre jeunes hommes, de milieux très différents, et les fait travailler chez lui pour qu’ils forment un groupe soudé et talentueux. Les « Goldenen Vier » vont naître dans ces circonstances étonnantes et vivre ensemble une aventure qui les changera à jamais.
Christophe Lambert réussit un livre dense et passionnant qui montre bien ce qui se joue l’Allemagne en 1942 et les idées qui s’affrontent. Il écrit sur la résistance avec des personnages incarnant des idéaux opposés. Müller obéit aveuglement aux ordres de celui qu’il sert sans état d’âme. Dussander, musicien avant tout, découvre que la musique qu’il défend peut être un moyen de résister à l’idéologie nazie mais qu’il devra aller plus loin dans la désobéissance. Les jeunes musiciens, Hermann, Max, Thomas et Ruppert, qui n’ont pas choisi d’être ensemble, ont connu des adolescences dissemblables, entre jeunesse hitlérienne et survie dans la rue. Chacun, à son rythme, trace son chemin, qui l’amène à accepter l’autre, à vaincre la peur et à prendre conscience de l’abomination du régime nazi. Un très bon livre.

Présentation par l'éditeur


Berlin, 1942. La guerre s'enlise, et les Allemands commencent à sentir que l'issue ne sera pas victorieuse. Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, cherche un moyen de remonter le moral de la population. Et quoi de plus joyeux que le jazz ? Mais, considéré comme une "musique dégénérée" ou "musique de nègres", il est interdit par le régime. Le ministre ordonne donc que l'on crée un groupe de