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Samedi 14 novembre

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 15 ans
: 9782848659220
15.50
euros

L'avis de Ricochet

Le début se fait in medias res, violemment, et pas à propos de n'importe quel événement : il s'agit des attentats terroristes du 13 novembre 2015 qui ont secoué Paris, la France et le monde entier. L'auteur s'attache à B., un tout jeune homme qui perd son frère aîné devant lui, à la terrasse d'un café. Sous le choc mais physiquement indemne, B. quitte l'hôpital le matin du 14 novembre et… croise un des terroristes dans le métro. Il décide de le suivre, jusqu'à Calais. Le « tueur » (l'homme est en fait resté en retrait) se cache chez sa sœur Layla, laquelle n'est au courant de rien. B. entre chez eux, les séquestre, les humilie. Puis la honte de ses propres actes le prend et B., dont on apprend qu'il s'appelle Benjamin, sympathise avec Layla.

Vincent Villeminot ne nous dira rien sur « avant » et le passé des personnages, ni sur « après » et la façon dont la drôle de poursuite de Benjamin se clôt. Le temps resserré crée évidemment une urgence, qui n'empêche pas un emploi subtil des temps entre présent et passé. Les paragraphes et les phrases sont courts, secs, tandis que de multiples personnages inconnus croisent B. le temps d'une réflexion, d'une émotion. C'est la petite amie de B. qui ne sait comment réagir, c'est l'infirmière de l'hôpital qui rentre chez elle, ce sont des personnes âgées à Calais qui discutent au café… Le rendu est perturbant, angoissant, autant que la façon erratique dont le héros se comporte. A noter que l'auteur sonde exclusivement les esprits des victimes ou des innocents : le tueur avorté reste un « mystère ».

Derrière les mots bruts, désagréables, se cache une nécessité pour Vincent Villeminot, et sans aucun doute pour le lecteur, de mettre des mots sur l'horreur à défaut de la comprendre. La culture en général, à travers un spectacle réellement vu par l'auteur et qui s'introduit dans le roman, fait figure de rempart ultime sans se poser comme une solution totale. Tout est donc nuancé, à penser, à débattre, dans ce roman au scénario improbable mais au résultat plus que convaincant. A partir d'un ressenti et d'une vision personnels, et à partir d'éléments romanesques, il nous est offert une possibilité de réfléchir sur des faits pourtant concrets, réels. A destination des adolescents, visant le littéraire et non pas une quelconque leçon, le roman se lit d'une traite, et se « digère » longtemps.

Présentation par l'éditeur


B. était à la terrasse du café, quand les terroristes ont tiré. Son frère est mort, lui s’en sort presque indemne. Hagard, il quitte l’hôpital au matin, monte dans le métro. Son regard croise celui d’un passager… Stupeur. Il reconnaît ce visage : il s’agit d’un des hommes qui ont tué, la veille.

Alors que ses proches le recherchent dans une capitale meurtrie, B., sous le choc, décide de