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Date de publication
Age-cible

Moi, ce n’est pas de pain dont j’ai envie et autres lettres de Palestine

Sarah Rolfo,
Lotfi Nia
Bibliothèque arabe associée de Marseille (BaaM)
Poésie
à partir de 13 ans
: 9782494753334
12.00
euros

L'avis de Ricochet

Un recueil dont on aimerait avoir l’honneur de l’avoir lu tout de suite, dès sa sortie en librairie, ces lettres de Palestine sont de nouveaux témoignages de l’enfer de Gaza, et des territoires palestiniens ravagés par la guerre. Comme quelques autres recueils édités cette année, ceux-ci portent la voix des poètes, et méritent non seulement notre attention mais aussi le même soutien que leur offrent en co-édition Le Port a jauni et la BaaM (Bibliothèque arabe associée de Marseille). 

Nous découvrons dans ce recueil trois jeunes et très jeunes voix de la poésie palestinienne qui s’écrit sous les bombes, avec la mort comme lanterne. Cinq textes seulement, qui tracent cependant un chemin parmi les décombres. Sombre chemin, la nuit remplace la vie et le cimetière est un musée où le gardien «  connaî[t] le nom des morts et l'emplacement de leur tombe », écrit Haidar Alghazali, pour se souvenir de toutes les âmes sacrifiées. Les peintures de Thomas Azuélos, ces visages déjà couchés, leurs traits effacés sous l’anonymat du nombre, plaident contre l’oubli. Sur place, la terreur fait oublier l’espoir dont seule la prière si l’on y croit peut entretenir la flamme, seul reste l’espoir de mourir comme l’écrit Hamed Achour « d’une mort insolite, confidentielle, / et qui n’aurait pas déjà été utilisée par cinquante mille autres avant moi. »  

« Je vais en ruines » écrit Nisrine Suleimane, elle répond à la question banale et terrible « Comment tu vas ? » par l’énumération des souffrances, privations, pertes, traumatismes quotidiens, et la peur omniprésente. Comment « aller » dans ces conditions, on ne va pas, rien ne va : « mon Dieu (…) fais exploser une source pour abreuver les enfants, du sang nous en avons bu, Seigneur, nous en avons bu » écrit encore Hamed Achour. 

À peine métaphoriques, ces poèmes sont des plaies ouvertes et leur douleur vive et crue, si elle nous accable, elle devrait tout autant nous inspirer : ce sont des poèmes de résistance, les cris d’innocents qui se révoltent et que ce mince recueil reprend et amplifie ; il fallait, il faut prêter l’oreille, prêter les yeux, à ce qui s’écrit malgré tout sous les bombes et honorer le courage, prêter la main à la diffusion. Comme toujours aux éditions Le Port a jauni, l’ouvrage est bilingue avec deux sens de lecture et grâce à une version sonorisée disponible sur le site, les poèmes sortent de la page et prennent vie pour de jeunes auditeurs qui peineraient à les déchiffrer. Et les marbrures aux couleurs de la guerre noire et vert de gris sous le pinceau rageur de Thomas Azuélos qui gardent la trace rouge du sang des innocents sont autant d’échos de leurs blessures dans notre cœur, dans notre tête. Moi, ce n’est pas de pain dont j’ai envie est un manifeste contre la guerre qu’il est urgent de lire et de partager.  

Présentation par l'éditeur

Ce recueil rassemble cinq poèmes écrits par deux poètes, Hamed Ashour et Haidar Alghazali, et une poétesse Nisrine Suleimane, vivant aujourd’hui à Gaza, ce recueil rassemble :

une supplique pour emporter cette nuit qui pèse sur nos poitrines,
une question « Comment tu vas ? Je vais en ruines »
une voix de gardien dans un cimetière à Gaza
une envie de mourir dans un lit, pour rien, ni pour une cause

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