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L'envers des couleurs

Album
à partir de 7 ans
: 9782360280094
14.20
euros

L'avis de Ricochet

Daltonien, Jules confond le rouge et le vert. Beaucoup s’en amusent et se moquent de ces confusions. Cela le rend « vert de colère et rouge de rage ». L’auteur joue sur les expressions familières et très fréquentes, liées aux couleurs, rire jaune, avoir une peur bleue. Mais ce jeu innocent vire au noir. Alors qu’il voudrait « voir la vie en rose », Jules est accusé de voir la vie à l’envers. Tout se détraque, un homme, géant, gourou, dictateur prend le pouvoir. L’histoire est connue. L’illustration poursuit et amplifie le thème. L’homme harangue la foule avec un immense haut-parleur qui prolonge ses paroles en vagues roses. Elles enlacent les auditeurs jusqu’à les étouffer. Ailleurs des langues serpents, langues de vipère assurément, trouvent Jules bizarre. Une vue transparente des wagons « où se pressent déjà nombre de daltoniens », les montre sens dessus dessous, comme en suspension. Dans un train noir et fumant, le paysage est de couleurs mates, vert et rouge, avant de devenir noir et blanc. La progression de la guerre est symbolisée de façon hyperbolique par d’énormes bottes cloutées qui écrasent des petits soldats en armes qui recouvrent les couleurs. A partir de là, tout va très vite : Jules dans le train, Jules à la mine, Jules en prison. La thématique est soutenue par une superbe représentation entre réalisme et symbolique où s’entremêlent noir et blanc, lignes horizontales, verticales, obliques. La résistance s’organise, le monde reprend des couleurs ; repli des hommes en kaki qui « font moins les malins ». L’homme aux beaux discours a pris la poudre d’escampette, « restent les traces de sa folie » qui ne sont pas effacées…. « ouvrons l’œil… ». Sans originalité quant au propos, on pense à Matin brun, de Franck Pavloff, l’illustration de cet album assume sa fonction d’alarme de belle manière. Le récit à la troisième personne, de l’extérieur, manipule le personnage et la vigilance finale de Jules ne semble pas très assurée. Un album riche en couleurs et en réflexions.

Présentation par l'éditeur


Jules est daltonien : il confond le rouge et le vert. On rit souvent à ses dépens. On dit même que si le monde va de travers, c'est parce qu'il y a des individus comme lui, qui voient les couleurs à l'envers. Mais un jour, un homme providentiel promet aux habitants du pays de Jules un avenir meilleur : "Avec moi, tout va s'arranger !" Quant aux daltoniens, source de tous les maux, il leur réserve