Aller au contenu principal

Le Petit Chaperon gris

Sélection des rédacteurs
Conte
à partir de 5 ans
: 9782362901188
14.00
euros

L'avis de Ricochet

Relecture heitzienne du conte traditionnel, cet album a beaucoup d’atouts.

Il est très drôle, grâce au détournement qu’opère l’auteur de chaque élément du conte. Les personnages notamment, sont totalement revisités. Il y a : un chaperon déluré, qui n’a pas peur de s’aventurer dans la forêt ni de causer avec un loup puisque la couleur grise de son costume la protège, pense-t-elle, du goût exclusif des loups pour les manteaux rouges ; une grand-mère très en forme et très prévenue en matière de loup ; enfin ce loup, qui fait partie du bestiaire de l’auteur, un Ysengrin moderne, tout blanc cette fois, maladroit, un peu bêta, pas vraiment méchant, mais toujours affamé.

On rit beaucoup quand on comprend tout, car la petite fille n’a pas de galette dans son panier, mais un canard, et pas n’importe lequel, le journal que sa grand-mère attend ! Quand le loup offre des fraises des bois à la petite fille pour la remercier d’avoir plié pour lui des cocottes en papier, la fillette rosit, puis rougit et son costume avec elle. Aïe ! Le conte va-t-il reprendre son cours traditionnel ? Ce serait sans compter sur l’esprit facétieux de Bruno Heitz, qui lance alors la mère-grand au secours de la pauvre enfant !

Les personnages sont des figurines de papier découpé, dans un décor de forêt où tout se décline en gris : gris clair, gris foncé ou noir. L’ensemble forme un univers assez sombre mais non pas terne, puisque toujours éclairé comme une scène. De ce fait le loup blanc se détache, avec ses expressions cocasses, ses yeux qui roulent et ses dents pointues. La couleur rouge surgit d’abord dans le texte, pour des mots symboliques, puis en fond de page pour annoncer le danger : « Et voici le loup ! ». Sauf que l’effet est complètement faussé par l’allure dépitée du personnage… Enfin, le rouge des fraises des bois va agir comme un mauvais sort déguisé et piéger la petite fille !

C’est alors qu’intervient la mère-grand, qui ressemble plutôt à une vieille sorcière en colère : elle a un sacré caractère et ne s’en laisse pas conter justement. Le gris reprend ses droits, elle mate le loup et gronde sa petite-fille d’une grosse voix (une voix de loup peut-être ?). Encore un renversement. Et comme elle use sûrement d’un langage fleuri, mais que l’auteur est trop poli pour reproduire ses paroles dans un album pour les petits, sa dernière tirade prend les couleurs de l’arc-en-ciel pour conclure cette aventure rocambolesque et tout à fait burlesque !

Ah ! Quel bon conte nous avons là !

Présentation par l'éditeur

Le Petit Chaperon GRIS n’a peur de rien : c’est bien connu, ce sont les petits chaperons ROUGES qui se font manger dans les histoires. Aussi, quand la fillette rencontre un loup BLANC, elle lui parle en toute confiance. Mais le noir et le blanc, comme le gris, peuvent changer, et l’arrivée d’une couleur au fil des pages va modifier l’ordre des choses.

En jouant sur les expressions liées à la