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Date de publication
Age-cible

Je meurs d'amour et de colombes

Golan Haji
Poésie
à partir de 15 ans
: 9782494753310
12.00
euros

L'avis de Ricochet

Sur des fonds aquarellés Juliette Iturralde pose des silhouettes féminines engagées dans une danse sauvage, une transe poétique qui les fait marcher sur les braises, le corps secoué par une pluie de météorites colorées ou le courant d’une rivière ensoleillée. Le visage tourné vers le ciel, d’une bouche-cratère jaillit le flot « bouleversifiant » chamarré et intensément lyrique des textes d’Édith Azam, survoltée.

Cette union parfaite, réalisée sous l’égide des éditions Le port a jauni, est l’occasion de découvrir cette poésie violente où l’anaphore rythme la scansion énergique « Je meurs d’amour et de colombes / je meurs de mémoire et d’invention / je meurs des pleurs d’une jonquille ». Le premier poème évoque le sonnet de Louise Labé[1], « Je vis, je meurs », mais aussi les métaphores de Mahmoud Darwich[2], dans « S’envolent les colombes », la mort et le paradis essences mêlées de la passion d’Édith Azam pour les êtres et l’univers, la « vie [précieuse] des roses » et les « nuits dans les étoiles ». Chaque poème est une adresse, et l’ensemble compose un spectacle vivant où la poétesse interpelle le public, « Avez-vous rencontré quelqu’un qui (…) donnerait sens à vos silences ? », « J’ai l’air d’une statue / ne vous y fiez pas... / Je me suis installée : / je fais face » ou encore « Rencontrer c’est bouleversifiant.../ (...) les gens passent et ton corps / ton corps est plein de gens / de leurs bouleversements ». Dans les textes d’Édith Azam, la langue est un outil qui taille dans le vif, qui tranche dans les apparences, pour exercer sa puissance de réparation aussi : « parfois des mains poussent / à l’intérieur du cœur/ (...) elles recousent : les cicatrices ! ». Édith Azam écrit comme on crie, comme on pleure, ou chuchote : « Je te regarde tu dors / tu fais croire que tu dors / tu joues avec la pluie » ; en lisant, on entend la voix qui déclame, et susurre et gémit, qui sidère le public pour mieux l’enflammer et le faire danser. La poésie permet une expérience d’expression que le public, qui écoute ou qui lit, ressentira intensément, ainsi qu’en témoigne le travail de Juliette Iturralde pour ce petit livre. Impressionnant.


[1] https://www.bnf.fr/fr/redecouvrir-louise-labe#bnf--ditions-contemporaines-des-uvres 

[2] https://www.barapoemes.net/archives/2022/08/08/39586906.html 

Présentation par l'éditeur

« Je meurs d’amour et de colombes
je meurs de mémoire et d’invention
je meurs des pleurs d’une jonquille
mais le Paradis une fois
mais le Paradis une fois… »

Édith Azam écrit sur l’amour, les raisons de vivre, la joie, l’attente, l’exaspération, l’invocation, la joie à nouveau. Elle se lit et s’entend à tous les âges. Elle s’oralise et s’amplifie à chaque nouvelle lecture.

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