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Des vacances timbrées

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 4 ans
: 9782369021216
17.90
euros

L'avis de Ricochet

Le catalogue des éditions Les fourmis rouges peut s’enorgueillir de promouvoir le travail d’une prometteuse auteure-illustratrice en la personne de Mathilde Poncet, cette jeune artiste inspirée, peut-être par la débauche lumineuse des forêts des Vosges, région dans laquelle elle a fait ses études.

Sous couvert du récit on ne peut plus terre à terre de ses vacances en colonie dans une lettre à sa grand-mère, la petite fille narratrice à l’écriture sage va s’asseoir dans un train ordinaire avec ses passagers qui lisent des histoires de… sorcières ?, regardent des films avec des … dragons ?! Tiens, tiens… Oui, mais à part ces quelques détails presque anodins de nos jours, c’est à l’arrivée, après la traversée d’un crépuscule flamboyant, que les choses se corsent. Le portrait pleine page de Martine, l’ourse animatrice au diadème circassien, agit sur le lecteur comme un rideau de scène qui s’ouvre, l’affiche d’un spectacle grandiose : la grande aventure de vacances en colonie dans une région inconnue.

Là, la réalité représentée bascule dans le fantastique, de détail en détail, quand le texte reste banalement descriptif : le nom de la gare s’affiche dans un alphabet imaginaire et sa porte est gardée par deux statues à l’allure léonine, comme l’entrée d’un monde ; sur le panneau d’information roulent des vagues aux couleurs mauves du ciel gagné par la nuit… Atmosphère.

Les enfants, tous animaux anthropomorphes, grimpent l’escalier déployé par la grande bouche d’une grenouille-autocar qui se propulse par-dessus les collines, ombre noire sur le ciel pourpre, jusqu’au Lac aux étoiles. « C’est un lac très joli », écrit la narratrice, où les lecteurs.trices voient nager des sirènes, avec une île où les montagnes ont le regard attentif des génies de la nature, ou des moaï de l’île de Pâques. Chaque nouvel épisode est ainsi évoqué dans sa plus banale expression par le texte, et magnifié par une illustration fauviste luxuriante et symbolique. Ce pourrait être un rêve de colonie de vacances que cet album, animé par les créatures fantastiques qui peuplent l’imaginaire des enfants d’aujourd’hui, dans un univers de contrastes où seul l’excès est de rigueur.

Il résulte de la lecture une impression durable sur la rétine, un sentiment de satiété né de l’usage illimité de tonalités acidulées, la découverte d’un bestiaire extra-ordinaire, chaleureux et bienveillant : ces vacances-là et cet album-là nous extraient de nos zones confinées et (un peu) morbides avec beaucoup d’humour et de fantaisie, pour nous transporter maintenant et pour longtemps dans le monde merveilleux des vacances rêvées. Original et splendide.

Présentation par l'éditeur

Alice envoie une lettre à sa grand-mère depuis sa colonie de vacances. Dans le texte, rien de plus normal : le quotidien d’une colonie de vacances le temps d’un été. Mais les images nous emmènent ailleurs : les personnages sont des animaux ou des extraterrestres, les paysages sont extraordinaires, dignes de la science-fiction ou des contes de fées.


Le décalage entre texte et images plonge le