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Crever l'écran

Roman
à partir de 14 ans
95 pages
: 9791093433349
11.80
euros

L'avis de Ricochet

Un week-end, Paul se retrouve seul chez lui. Alors qu’il est censé réviser son bac, l’adolescent s’engage dans un échange brûlant de mails avec un-e inconnu-e : il/elle envoie des photos énigmatiques alors que Paul répond par des textes, de plus en plus intimes. Tout d’abord intrigué, le jeune homme se laisse prendre au jeu, jusqu’à l’obsession. Outre le tissage d’une potentielle relation amoureuse, cette correspondance électronique offre quelque chose de plus profond à Paul : l’affirmation de son désir d’écrire, qui va à l’encontre des attentes de ses parents et de son entourage.

Avec son écriture crue, parfois à la limite du vulgaire, et ses nombreuses références sexuelles, Crever l’écran est un roman qui peut facilement troubler. En plus des réflexions horribles des parents de Paul sur les personnes choisissant une voie qu’ils considèrent comme non conventionnelle et inutile (comprenez par-là : les lettres), le plus dérangeant reste l’homophobie parcourant presque l’entièreté du livre, même si la toute fin tente de rattraper légèrement le coup. Les réactions des personnages face à l’homosexualité sont certes réalistes, mais elles n’en restent pas moins choquantes et laissent une sensation de malaise après avoir tourné la dernière page.

Le thème principal est l’écriture, l’envie de s’y consacrer corps et âme et le sentiment de rejet que cette volonté peut provoquer, les potentiels dangers que recèle le fait de se confier à un inconnu sur Internet n’étant finalement pas beaucoup évoqués. La dimension « artiste incompris » de Paul et sa confrontation contre les idées fermées de ses parents sont susceptibles de parler à une certaine catégorie de lecteurs adolescents, toutefois, malgré la situation plutôt difficile du narrateur, on a de la peine à sympathiser, à totalement entrer dans le dialogue qui s’établit par mail, alors qu’aucun ne se crée avec le lecteur. Le roman a au moins le mérite de donner envie de (re)lire Duras et Baudelaire. En résumé, nous avons affaire à un thème intéressant, mais une manière de l’aborder problématique sur certains aspects.

Présentation par l'éditeur

Crever l’écran, est un acte fondateur sans retour, le début d’une libération.

Paul Daveine, en Terminale L, choisit de rester seul en ce long week-end de mai sans parents. A l’approche du bac, il devrait réviser, mais des réflexions intimes, des souvenirs d’enfance inconfortables et des doutes l’assaillent. Soudain, d’étranges messages photos anonymes s’affichent sur l’écran de l’ordinateur