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Ce qui fait battre nos coeurs

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 14 ans
442 pages
: 9782748526080
17.95
euros

L'avis de Ricochet

Exaspéré par les conditions de santé précaires que doit subir sa petite sœur, équipée d’un cœur artificiel bas de gamme en raison des moyens financiers insuffisants de sa famille, Esteban désire agir pour rétablir une certaine justice dans l’accès de la population aux organes vitaux. Il décide alors de réveiller les consciences et de faire passer son message en enlevant Noah, le fils du riche fondateur d’Organic, la société ayant le monopole de la fabrication et de la vente d’organes et de membres artificiels, et Leila, une bonne cliente d’Organic car, suite à une maladie très grave, la jeune fille a progressivement dû remplacer l’entièreté de son corps, seul son cerveau étant encore naturel. Le trio est par la suite rejoint par Maria, qui souhaite échapper à une situation inconfortable et qui possède un bras bionique qu’elle a elle-même construit. Leur cavale va changer leur vie et leur manière d’appréhender la technologie.

Même si l’histoire relève du genre de la science-fiction, on ne peine pas à l’imaginer faire partie de l’actualité tout bientôt tant les progrès de la médecine décrits semblent crédibles. Les prothèses très performantes existent déjà et vont très certainement être encore perfectionnées à l’avenir. Les événements se produisent d’ailleurs dans un futur proche, en 2030. Le cadre n’est pas celui d’une dystopie radicale mais d’une société clivée semblable à celle d’aujourd’hui, où les plus riches peuvent se permettre des opérations chirurgicales esthétiques alors que les personnes davantage dans le besoin ne peuvent se payer certaines interventions nécessaires à leur survie. Le propos est ici encore renforcé, car ceux qui en ont les moyens peuvent, grâce à Organic, devenir quasiment immortels tout en restant jeunes en apparence, sortes de vampires biomécaniques.

Le cœur thématique du roman réside dans la relation de la société aux technologies et aux réseaux sociaux. Ces derniers occupent une place encore plus prépondérante qu’actuellement, utilisés par toutes les parties prenantes de la cavale : Esteban, pour plaider sa cause, la police, pour entrer en contact avec lui, et les médias, pour transformer la course-poursuite en émission à sensations, à laquelle tout le monde participe. Et si aujourd’hui, on parait ne plus pouvoir vivre sans son smartphone et que la crise de panique pointe son nez dès que la batterie de celui-ci atteint un seuil critique, le roman passe au cran supérieur : ce sont les humains eux-mêmes qui doivent se recharger, au risque de perdre l’usage de leurs membres ou organes artificiels ou de littéralement mourir. Le livre présente également des concepts pouvant se révéler compliqués (transhumanisme, mouvement des bioconservateurs, singularité technologique...) mais qui peuvent soulever des réflexions intéressantes. L’histoire est prenante même si elle tourne parfois un peu en rond avant qu’un rebondissement survienne et la relance sur une nouvelle voie, en amenant ainsi une nouvelle idée sur la société ou la technologie. Les personnages sont attachants, toutefois, certains des sous-arcs narratifs concernant leurs relations ou leurs vécus semblent forcés. Dans l’ensemble, le roman est un page turner, mais qui offre aussi des pistes à explorer à tête plus reposée.

Présentation par l'éditeur

Quatre ados en cavale, en quête de leur part d'humanité.

À la moindre émotion, la petite sœur d'Esteban est en danger : elle vit avec un cœur artificiel bas de gamme. En 2030, le marché propose pourtant des organes performants et sûrs, fabriqués par la société Organic... encore faut-il pouvoir se les payer. 
Désespéré, Esteban kidnappe Leila, une jeune fille célèbre car "artificielle" à 96 %