Aller au contenu principal
Espace publicitaire
Fermer

Rechercher un livre

Date de publication
Age-cible

Comme un feu furieux

Roman
à partir de 13 ans
: 9782211216203
14.00
euros

L'avis de Ricochet

Première chronique
Depuis que l'URSS est Russie, Tiksi se meurt. La ville sibérienne du bord de l'Arctique, autrefois florissante, compte ses habitants et ressasse son passé tout du long de son interminable nuit. Galya y est née, elle a des rêves de fuite, des rêves d'océanologue, mais sa famille la retient. Il y a le père résigné et ses deux emplois, le petit frère Lazar et ses questions, l'aîné enfermé dans un silence douloureux, Josiah le gentil chien aux pattes emmêlées, et bien sûr la mère disparue. Des secrets subsistent, trop lourds à porter, qui empêchent de s'envoler vers la lumière.

Marie Chartres a-t-elle réalisé un voyage sibérien ? Rien n'est sûr, mais sa reconstitution par petites touches d'un monde en perdition, d'un monde glacé et ténébreux, fait vibrer le lecteur tant elle semble crier de justesse. Vieux qui épluchent des légumes comme leurs souvenirs, bars où oublier qu'il fait froid dehors, brise-glace rempli de vivres attendu avec impatience, avenir bouché par les panneaux d'entrée et de sortie de la ville, rocher enfin pour rêver devant l'immensité de l'océan... Galya, en promenade avec son chien, nous fait visiter plutôt qu'elle nous raconte Tiksi.

Adolescente mature, initiée aux belles phrases par son frère aîné meurtri, elle veut l'impossible : briser ses chaînes sans renier ses origines. Sa volonté hors normes, l'insistance aussi de l'attendrissant Lazar, amèneront ce petit bout de femme à littéralement transporter sa famille ailleurs de ce qui l'étouffe. L'écriture est fine, précise, ciselée de façon à ce que l'environnement fasse écho parfait avec les sentiments des personnages. Tiksi est aussi une figure à part entière, coincée entre son âme gelée et les envolées sensibles des poèmes du frère aîné, celui qui sait. Un roman pour lecteurs exigeants qui ne le regretteront pas, profitant encore une fois des choix pointus de l'Ecole des Loisirs.

« Tout me sautait violemment au visage. Peut-être que c'était ça aussi, perdre quelqu'un, on se retrouvait avec de nouveaux yeux, de nouvelles oreilles, un nouveau nez, et tout devenait si monstrueusement différent et déstabilisant. C'était le cœur qui déménageait. Entièrement. » (p. 130)

Sophie Pilaire

Seconde chronique
En Sibérie, dans la ville de Tiksi qui se dépeuple de jour en jour, vit une famille déchirée par le décès de la mère dans des circonstances mystérieuses. Chaque membre de la famille vit ce drame à sa façon. Lazar, l’enfant cadet, ne parvient pas à dormir. Gavriil, l’aîné, est cloîtré dans sa chambre. Quant à leur sœur, Galya, elle se voit investie du rôle de mère pour Lazar. Le père, lui, est quasiment absent de cette vie de famille, jusqu’au dénouement final, qui donnera l’impulsion de prendre un nouveau départ.

Galya fait face à cette situation de deuil avec une force étonnante. A seulement quinze ans, elle est confrontée à bien des responsabilités. Malgré la dureté de sa vie, elle garde ses rêves au fond d’elle et s’y accroche. Il y a quelque chose de touchant dans cette histoire menée en grande partie par des enfants, qui tentent comme ils peuvent de se débrouiller. Marie Chartres enrobe les paroles de ses personnages de douceur et d’une certaine poésie. Les émotions sont décrites avec justesse et précision, même si elles manquent parfois de réalisme : n'oublions tout de même pas que les personnages sont des enfants.

Peu présent tout au long de l’histoire, le personnage de Gavriil intrigue, on a envie d’entendre ce qu’il a à dire. Mais lorsque le voile se lève sur cette douleur qui le ronge, on est déçu de la tournure dramatique que prend le récit, qui aurait gagné à être plus subtile. Reste tout de même un beau message de résilience.

Laura Del Nostro

Présentation par l'éditeur

Tout au nord de la Sibérie, au bord de l’Arctique, se trouve Tiksi : une ville dont la moitié des habitants sont partis. Que reste-t-il à présent ? Des maisons vides, la mer de glace, les jeux dans la neige, la magie des aurores boréales et de vieux hommes qui se souviennent de tout et parlent par énigmes.
Mais il y a aussi Lazar, l’enfant qui ne trouve pas le sommeil.

Et Gavriil, le poète qui

Du même auteur

Les petits orages

Roman
à partir de 14 ans
Sélection des rédacteurs
Avis de lecture

Les nuits d'Ismaël

Roman
à partir de 9 ans