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Thibault Vermot: «La vérité, c’est qu’avant la dernière version, tout peut changer.»

Avec Colorado Train, son tout premier roman publié aux éditions Sarbacane, Thibault Vermot nous offre un thriller sanglant au cœur de l’Amérique d’après-guerre. Le roman a reçu une mention spéciale du jury du prix Vendredi.

Nathalie Wyss
13 décembre 2017

Vermot

Nathalie Wyss: Pouvez-vous nous raconter comment est né Colorado Train?
Thibault Vermot : Bien sûr! Au cours d’un voyage dans l’Ouest des Etats-Unis, en 2013, ma compagne et moi avons fait une halte à Flagstaff avant de rejoindre la Californie. Flagstaff est une petite ville de l’Arizona aux portes du désert, traversée par la route 66. Et cette nuit-là, ne trouvant pas le sommeil – il devait être une ou deux heures après minuit –, me tournant et me retournant dans les draps, j’ai soudain entendu vers les collines boisées au nord de la ville, venue du plus profond de la nuit, la corne d’un train. Je me suis tenu immobile quelques minutes, parce que je me souvenais d’un épisode similaire de train fantôme qui avait eu lieu deux ans auparavant, au creux d’une nuit froide passée au pied du Kilimandjaro. Sensation identique d’inquiétude. Et je me suis dit: «Tiens. Ce serait chouette d’écrire une petite nouvelle qui tourne autour de cette image, un train soufflant dans la nuit, un train qui transporte on ne sait quoi d’effrayant.» J’ai aussitôt saisi mon téléphone (sur lequel je note souvent mes idées) et j’ai écrit les deux ou trois premières phrases du prologue de Colorado Train, quasi inchangées maintenant.

C’était dans un moment de ma vie où, essayant de prendre du courage pour écrire un roman sans y réussir, j’écrivais beaucoup de nouvelles et je mettais sur pied un recueil. Ces nouvelles que j’écrivais tournaient à chaque fois autour d’un mot, d’une image ou d’une impression. Colorado Train devait être alors un texte court, très court, qui tenait du poème en prose. Mais un texte tourné déjà vers l’horreur.

Et donc, dans l’avion retour des USA, j’ai écrit le prologue entier; de retour en Normandie, j’ai attendu neuf mois avant de poursuivre ce texte.

Une autre image constitue la matrice de Colorado Train, celle du château d’eau. C’est celui qui se trouve dans un champ juste à côté de chez moi, en Normandie. Un matin d’automne, sortant tôt de la maison pour aller au travail, alors que je tournais la tête vers la clôture, j’ai été frappé par l’image du château d’eau érigé dans la brume qui suintait du sol; et je me suis dit qu’un jour, j’écrirais quelque chose qui tournerait autour de cet inquiétant château d’eau… J’ai donc procédé à un collage d’impressions, mais aussi de textes. Car si avec le train et la nuit, j’avais l’ambiance et avec le château d’eau, un lieu, c’est avec un fragment écrit quatre ans auparavant – en 2009 – que sont apparus les personnages: «Quand on me racontait que le Croque-mitaine viendrait pour me prendre si je n'étais pas sage, j'avais toujours dans un coin de ma pensée cette image terrifiante jusqu'à la folie, de l'orée d'un bois, d'où sortiraient des gamins hurlants, le visage creusé de larmes noires, tendant des bras qui ne seraient plus que des moignons sanglants, car le Croque-mitaine leur a mangé les mains.» Là encore, j’ai collé ce fragment juste après mon prologue, et la greffe a fonctionné... Chez moi – pour ce que j’en sais jusqu’à présent! – le décor et la géographie sont toujours premiers, et conditionnent en grande partie l’histoire.

Colorado Train

Vous dites avoir un penchant pour les œuvres d’Edgar Allan Poe et de Stephen King. D’une manière générale, des œuvres littéraires et/ou cinématographiques vous ont-elles inspiré pour l’écriture de Colorado Train?
D’une manière générale, je me considère comme un très mauvais inventeur (et je me dis avec un certain stoïcisme et une certaine mauvaise foi que de toute façon, tout ayant déjà été écrit, il est inutile de prétendre inventer quoi que ce soit en littérature!). Par contre, je pense avoir développé au fil des ans une certaine propension à recycler efficacement mes sources d’inspirations. Edgar Poe est pour moi quasiment celui qui déclencha vers 15 ans ma passion sincère pour la littérature. C’est aussi à cette époque là que j’ai lu Ça de King. Cependant, même si je considère King comme un grand écrivain (au rebours d’un tas de gens, dont beaucoup de profs), j’ai malgré tout un peu de mal à le considérer comme une référence évidente, en tout cas primaire. Oui, il y a une bande de gosses dans Colorado Train, oui, ils enquêtent sur une Chose maléfique; mais! au-delà de King, tous ces éléments font partie d’une mythologie contemporaine plus vaste. Et ce n’est qu’après coup que je me suis dit: «Ah ouais, ça ressemble peut-être à du King!». Mon problème avec King – le problème ou le danger avec toute comparaison, mais c’est comme ça! –, c’est qu’on s’attend à lire du King en ouvrant Colorado Train, et que Colorado Train s’en détache, tout simplement parce que ma voix ou ma manière ne sont pas celles de Stephen King. L’invention de l’histoire développée dans Colorado Train a plutôt procédé (au niveau de la conscience!) de quelque chose comme: «Je vais écrire une histoire avec une bande de gosses confrontés à quelque chose d’horrible» plutôt que : «Je vais rendre hommage à King». Si Colorado Train est vu comme un hommage à King, eh bien, pourquoi pas!

Cependant, ma manière de voir ou d’écrire est plus généralement distordue par une longue fréquentation d’écrivains XIXe comme Flaubert (pour l’ironie), Stendhal (pour l’énergie), Huysmans (pour la langueur hautaine et la solitude), Poe (pour la noirceur). Je pourrais ajouter aussi Chateaubriand. En peinture, des artistes comme Goya, C.D. Friedrich, Léon Spilliaert, Böcklin, ou encore Edward Hopper ont conditionné l’univers noir de Colorado Train. L’esthétisme recherché de Kubrick du côté du cinéma. D’une manière générale, une partie de moi tend vers la noirceur, l’idée de solitude, l’envie d’aller à rebours des autres ou du monde; c’est ce qu’on retrouve avec ma bande de gamins, plongés dans l’univers inquiétant d’une petite ville perdue aux confins de l’immense Colorado, et défiant une Chose horrible, quand ils feraient bien mieux de se terrer chez eux et d’attendre que la police fasse son travail. Et d’une manière générale, même si Colorado Train est un roman qui parle d’Amérique, ses influences sont (comme chez Poe…) excessivement européennes! Quoiqu’il soit tout à fait possible que la lecture de De sang-froid ou Lolita aient conditionné aussi lointainement l’écriture de mon roman…

La musique également prend chez moi beaucoup de place dans l’écriture. Et bien que la bande-son proposée en ouverture du roman soit aussi une marque de la collection Exprim’ chez Sarbacane, une sorte de passage obligé, de griffe, il s’agit réellement de la musique que j’ai écoutée pendant l’écriture de Colorado Train, et que j’avais déjà listée avant même de me rendre compte qu’il fallait une bande-son! En général, des choses calmes, écrites en mineur, et de tout: musique classique, folk, metal, bandes originales de films ou de jeux vidéos…

Pour parler de l’ambiance de votre roman, beaucoup de lecteurs évoquent la série à succès Stranger Things (sortie bien après l’écriture de votre roman). Qu’en pensez-vous?
Eh bien, j’en pense que la moitié du sens se trouvant dans l’œil de l’auteur et l’autre moitié dans celui du lecteur… j’en pense que mes lecteurs ont le droit le plus strict à trouver des similitudes entre Colorado Train et Stranger Things – même si je n’ai jamais vu la série! Mais je me soigne, on m’en a dit du bien, j’ai récupéré un identifiant Netflix, et si je réussis à me dégager un peu de temps, j’y jetterai un œil!

Les héros de votre roman – un groupe d’enfants – partent à la recherche de Moe, un jeune qui disparaît. Faisiez-vous partie d’une bande dans votre enfance? Auriez-vous osé partir sur les traces d’un tueur sanguinaire?
Dans mon enfance, on ne peut pas vraiment dire que je faisais partie d’une bande, même si j’ai toujours été entouré de beaucoup d’amis depuis l’école primaire... J’avais aussi (j’ai toujours) des moments solitaires, où je décrétais que j’en avais assez de côtoyer les autres, et je me mettais à traîner seul et à profiter de cette solitude. D’une façon générale, j’ai toujours détesté en principe suivre, ou l’esprit de foule. (Mais mon frère et moi, nous faisions les quatre cents coups et je pense qu’on valait bien une bande de terreurs à nous seuls! Ceci mis à part, un peu avant de dormir, je m’imaginais très souvent diriger une bande, un crew: construire un bunker – dans les champs juste à côté de la maison où nous habitions –, et revêtir la cape d’un superhéros. Quelqu’un a pensé à Moe ou à Durham…? J’avais quelque chose comme sept, huit ans. Ce petit film d’avant-sommeil s’arrêtait généralement sur l’image d’un gosse – moi – juché sur le toit du bunker, et la cape flottant dans le crépuscule…!) Et spontanément, je vous répondrais bien que jamais je n’aurais osé partir sur les traces d’un tueur sanguinaire, avec ces réserves: 1. Qu’on ne sait jamais vraiment de quoi on est capable avant d’être confronté aux événements, 2. Que l’esprit de bande, justement, donne probablement la dose suffisante de courage ou de délire pour se lancer dans l’impensable. C’est la fameuse phrase-poncif de Mark Twain…: «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait». Qui sait!

Un de vos héros s’appelle Georgie; est-ce un petit clin d’œil au personnage du fameux It (Ça) de Stephen King? Et si vous étiez l’un de ces personnages, quelle forme prendrait votre pire cauchemar?
Eh non! Mon Georgie n’est pas un clin d’œil au fameux It! Du moins… je ne crois pas! Et si j’étais l’un des personnages, je serais Michael (même si j’ai investi de l’émotion dans chacun d’eux); enfant, mon pire cauchemar aurait pris la forme d’un homme brûlé vif et hurlant de douleur, bouche ouverte, les mains fondues. Aujourd’hui, il m’arrive assez fréquemment de sentir dans un demi-sommeil que des ombres montent l’escalier, s’assemblent près de mon lit et chuchotent entre elles, parfois sautent au-dessus de ma tête. Je ne sais pas si c’est mon pire cauchemar (des faits, pas des formes, seraient maintenant mon pire cauchemar, comme par exemple glisser et tomber en portant ma petite fille…) mais toujours est-il que je me réveille dans un état d’alerte et d’inquiétude excessif et authentique – mettant un moment avant de réaliser que ces ombres ont disparu. Je ne suis pourtant pas fou…! Je me suis servi de cette sensation dans Colorado Train, d’ailleurs, de manière fugace. Malgré l’inquiétude, et ce cauchemar étant récurrent, j’ai presque apprivoisé ces ombres – je m’attendrais même à les retrouver… Presque.

La peur est omniprésente dans votre livre. A la nuit tombée, les enfants craignent le wendigo, une créature maléfique issue de la mythologie amérindienne. Selon vous, la terreur nous sort-elle de l’enfance?
Non… Et selon mon humble opinion, bien au contraire. J’ai le sentiment que la terreur est un état inhérent à l’enfance. Et bien qu’on m’ait beaucoup vu comme quelqu’un d’extraverti, de sociable, et manquant même de nuance, enfant j’ai été frappé de beaucoup de cauchemars; et sans être peureux, j’étais terrorisé de façon consciente par certaines choses, comme être brûlé, l’amputation d’un membre, la dissolution dans l’acide ou la violence sanglante en général. Ce qui fait peur fascine, cependant… A un moment de ma vie, je devais avoir entre huit et dix ans, je me forçais à regarder des images violentes dans certaines bandes dessinées pour m’acclimater à la violence, et y être moins sensible. Ça a marché – en partie. Et j’ai grandi. J’avais apprivoisé mes terreurs et pouvais les regarder d’un œil plus froid, plus rationnel, érigeant des murs comme: «Ce n’est qu’une histoire». Ceci dit, je me souviens avoir tremblé de tous mes membres en voyant Kill Bill, et j’avais dix-neuf ou vingt ans. Le temps de m’y faire…

Dans Colorado Train, mes gamins doivent combattre la terreur, le wendigo et ses avatars, pour grandir. C’est une condition sine qua non, et c’est le sens que j’ai vu se dégager du roman après l’avoir bouclé. Je ne prétends pas démontrer une idée avant écriture, je me méfie vraiment des romans à thèse… Mais cette idée s’est dégagée a posteriori du mien, et c’est bien ainsi. C’est une belle idée. Donc: 1. De l’enfance à l’adulte, nous nous promenons sur un curseur qui va de l’émotion (et de la complaisance dans l’émotion) à la raison… et la complaisance dans la raison. 2. Autant que possible, si j’ai un conseil à donner (sans prétention) à mes lecteurs – et c’est un lieu commun précieux –, c’est de cultiver sa part d’enfance, même une fois devenu adulte; de garder ses démons enchaînés dans une petite pièce de son cerveau, et de les y contempler parfois. Quant à moi, je suis fasciné par le phénomène d’ostranénie, qu’on retrouve immédiatement chez quelqu’un comme Kafka, dans les premières pages du Château par exemple, où la contemplation réitérée d’un univers excessivement rationnel, logique, entraîne le sentiment d’inquiétude. Dans le monde post-war de Colorado Train et sa mécanique bien huilée d’un pays qui se met en marche tout entier vers le Progrès et le consumérisme des années 60, des grains de sable font grincer les rouages… Et, au côté des GIs de retour du Pacifique, des familles monoparentales, d’un flic hanté par un fait divers, le wendigo ou la Chose en font partie. Cette inquiétude (qui a remplacé la terreur), c’est quelque chose que je recherche dans la vie d’abord, dans l’écriture après; j’essaie de déplacer le curseur, malgré les exigences d’une vie d’adulte, mais tous les écrivains recherchent ça, non…? La lecture permet entre autres ce style d’évasion poétique… Voir les choses ou le monde autrement, rêver… Et tout autant que le wendigo, c’est contre une vie d’adulte rangée et serrée que se battent les gosses de Colorado Train. C’est peut-être ça, ma vraie terreur.

À quel moment avez-vous su que vous donneriez une voix au tueur de votre récit?
Dès le début! J’ai d’abord écrit le prologue, et ce prologue était la voix du tueur. Et comme dans Lolita Nabokov donne voix au pédophile, j’étais excessivement tenté de ne donner voix qu’au tueur d’abord, dans un récit que je voulais très court: quelque chose qui fonctionne comme un flash de terreur, dont on ressorte bouche bée, la sueur au front…! Finalement, cette voix du tueur a pris une forme qu’on retrouve dans ce grand bouquin de Connelly, Le poète, celle de chapitres intermédiaires alimentant la tension et – paraît-il – la révulsion!

Sans trop en dire, avez-vous été tiraillé entre le fantastique et le réel lors de l’écriture de Colorado Train?
Oui, très clairement. Colorado Train a d’abord pris la forme d’une nouvelle de 40 pages, où la Chose était purement fantastique. Elle arrive à Durango, frappe, repart; sa voix ouvre et finit le récit. Le tout répondait aux exigences de la Méthode de composition de Poe: un récit court, traumatisant, lisible en une soirée. Mais comme on n’écrit pas un roman de 360 pages comme une nouvelle de 40, la Chose a pris de la consistance. Et cependant, après les premières relectures de cette version du roman, j’ai décidé de baliser le texte de manière à entretenir subtilement (en tout cas je l’espère!) l’hésitation; et de nombreux lecteurs, ayant refermé Colorado Train, m’ont dit s’être retrouvés avec de nombreuses interrogations au sujet de cette Chose… Et tant mieux! J’ai une grande méfiance vis-à-vis des œuvres où le sens est bouclé, où tout trouve sa réponse, et tous les personnages leur destin!

Votre roman est angoissant et très sanglant. À partir de quel âge le conseillez-vous?
D’abord, merci! Car je trouve qu’il est très difficile en littérature de faire rire ou de faire peur. Et de transmettre la mélodie d’une musique qu’on évoque, aussi. C’est une illusion et on se plante à essayer de le faire, même Jack Kerouac et son it…! Si Colorado Train fait peur, alors je peux bomber le torse fièrement sous une bannière «Mission accomplished»! Allons… ça n’est pas si sanglant!

Je le conseillerais à partir de, mettons, la 3e, quatorze ou quinze ans. Tout dépend après de la maturité de lecture, ma foi… A des 4e piaillant (je dis ça avec beaucoup de tendresse!) qu’ils allaient acheter mon bouquin, je leur ai répondu d’attendre encore un peu. Peine perdue…!

Histoire de nous faire plaisir, avez-vous d’autres projets en cours?
Oui, plusieurs projets, même. Hanté par la peur de la page blanche, je cultive plusieurs textes à la fois. En ce moment, deux romans. L’un de grande ampleur, et pour le moment personne n’en a lu une seule page, donc vous comprendrez que je n’en dise pas un mot, car comme un Julien Sorel, j’aime profiter des choses précieuses dans le plus grand secret; celui-ci devrait me prendre deux ans. Je travaille assez lentement, car je laisse mûrir mes idées sans forcer; mon cerveau est maintenant habitué à ce processus… Quelques mots-clés? Allez: une sorte de One Piece dans les USA de la Dépression et de la Prohibition, années 30! Le second, je devrais l’avoir bouclé bientôt, je l’ai commencé en septembre 2017. C’est beaucoup plus rapide, mais tout en y mettant beaucoup de cœur (sans quoi on ne peut pas écrire), j’y mets moins de prétentions. Je les destine tous deux à Tibo Bérard, mon éditeur chez Sarbacane, avec qui j’ai retravaillé Colorado Train, et aux côtés de qui j’ai appris beaucoup durant les deux années passées. Last but not least, après avoir bouclé Colorado Train, j’ai écrit les dix premières pages de la suite, qui sans être à proprement parler une suite, mettra en scène les mêmes protagonistes, avec qui j’ai passé près de quatre ans – et que je me refuse à abandonner! Ces dix pages, je les laisse reposer pour le moment, mais moi qui écris sans plan, j’ai tout de même planifié la moitié du bouquin; quand j’en sentirai la nécessité, je reprendrai cette nouvelle histoire où l’on retrouvera Suzy, Michael, Durham, George et Don (Calvin se repose pendant ce temps-là et c’est mérité…!) cherchant la résilience, et embarqués dans une descente du… Mais j’en dis trop, non? La vérité, c’est qu’avant la dernière version, tout peut changer. C’est le danger et le plaisir d’écrire des romans…

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Thibault Vermot

Thibault Vermot

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