Aller au contenu principal

La Déclaration

Sélection des rédacteurs
Nathalie Peronny
Naïveland
Roman
à partir de 14 ans
: 2350211223
1.00
euros

L'avis de Ricochet

Anna est une « Surplus », une jeune fille qui, selon les lois de la Déclaration, n’aurait pas dû naître, et vit enfermée dans un orphelinat en attendant de pouvoir servir une maison de « Légaux » à l’Extérieur. Nous sommes en 2140, et, dans une société où des pilules de Longévité ont donné aux adultes l’immortalité, les enfants n’ont pas de place. Arrive alors Peter, qui va faire découvrir à Anna l’existence d’une résistance, le Réseau Souterrain. Ensemble, ils s’évadent de l’orphelinat, et Anna peut retrouver, un court moment, ses parents.
Ce premier roman d’une jeune auteur rejoint la longue lignée des dystopies, ces livres qui imaginent des sociétés futures du pire : on pense au Meilleur des Mondes d’Huxley, à 1984 d’Orwell, à Fahrenheit 451 de Bradbury ou au film Bienvenue à Gattaca… Contrôle total de la population par une dictature, embrigadement des esprits qui rend les esclaves volontaires, et lueur d’espoir via une résistance clandestine sont les points communs du genre. Avec une remarquable économie de moyens, grâce à l’emploi systématique de majuscules dans des phrases courtes et sèches (« C’était dans l’Ordre Des Choses. », p. 115) et en quelques détails descriptifs bien posés, Gemma Malley campe un univers froid, triste et dur, où même les Légaux ne sont pas très heureux d’être immortels (voir Mrs Sharpe). L’histoire est centrée sur Anna, a priori soumise, qui avait pourtant commencé une sorte de rébellion à l’orphelinat en écrivant un journal intime. Peter sera le déclencheur de sa révolte, une possibilité d’affirmer son existence et sa liberté. Suivie par un narrateur externe, l’héroïne évolue pas à pas, bien souvent réticente à se laisser aller : sa psychologie est fine, rendue sans insistances et le lecteur s’attache facilement à celle qu’il voit revivre. Une bonne moitié de l’ouvrage se passe à l’orphelinat, avant une poursuite rapide et haletante et une fin précipitée complètement inattendue, qui laisse un peu sous le choc. Cette fin en pirouette donne d’ailleurs à réfléchir, puisqu’elle ne remet pas véritablement en cause la Déclaration… A la fois sobre et profond, La Déclaration est un coup de maître sur un sujet dont on sent qu’il a littéralement « porté » son auteur. Un deuxième tome, qui suivra Peter dans le Réseau Souterrain – organisation ici à peine entrevue - est prévu en septembre 2008.

L'avis des internautes

Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs
le 09/28/2015 11:21

Ma fille qui n'a pas encore 11 ans (mais qui est néanmoins une bonne petite lectrice) vient de le dévorer en quelques jours.
J'ai lu moi aussi quelques passages. Cette histoire est passionnante, l'univers décrit est affreux (mais je n'ai pas dit effrayant).

Ma fille n'a eu aucun problème de compréhension, même si bien sur elle n'a pas la même capacité d'analyse qu'un adulte.

Cerise sur le gâteau : l'histoire d'amour entre Anna et Peter.

Je recommande vivement ce livre.

le 05/01/2012 10:38

je n'ai que 12 ans et ce livre m'a vraiment très émue

le 06/02/2011 16:27

Ce livre est magnifique,j'en suis à la page 131 (au moment où Anna a réussi à sortir de Grange Hall avec Peter)et je n'arrive plus à m'arréter de lire ! Je conseille ce livre aux adolescents et adultes qui aiment lire !!

le 04/30/2009 08:50

Un livre que l'on ne peut pas rater !!!
J'ai beaucoup pleuré et je l'ai re lu 3 fois ce qui est un exploit pour moi car je n'ai jamais relus un livre 2 fois, je considérais que ça n'avait plus de suspens.
Attention quand même de ne pas le lire avant 12 ans il un peu dur à comprendre !!!
A lire absolument !!!

le 02/04/2008 11:18

La quatrième de couverture de La déclaration paraît d'emblée très alléchante : comment pourrait tourner le monde si l’on décidait de vivre éternellement et de ne plus faire d’enfant ?
C’est à travers le personnage d’Anna que l’on va donc découvrir ce monde hallucinant où les hommes ont cessé de vieillir et ont revu leur démographie à la baisse, pour ne pas dire qu’ils l’ont anéantie…
Anna est un Surplus, une enfant qui n’aurait pas dû naître. Elle vit à Grange Hall, un foyer aux allures de stalag où elle a appris Où-était-sa-Place : de toute sa volonté et son humilité, elle essaie de racheter la faute de ses parents. L’univers que Gemma Malley a imaginé fait tout bonnement froid dans le dos : les êtres humains sont hiérarchisés de manière absolue et chacun évolue de manière totalement différente selon le côté de la barrière où il est né… L’influence historique de certaines périodes n’échappera à personne : on pourra penser au contrôle des naissances chinois, aux castes indiennes (Surplus, Légal, Affranchi), aux sociétés européennes du XIX avec majordomes et domestiques (comment devenir Invisible), aux camp de concentration et au « problème » juif de l’Allemagne nazie (l’éradication)… Comment par exemple ne pas voir en Anna la Déléguée une sorte de Kapo ? L’histoire se nourrit ainsi de ces aspects noirs pour inventer une fiction d’anticipation originale mais lourde de sens.
Le jour ou Peter débarque, c’est tout le monde d’Anna tel qu’elle l’a connu qui s’effrite. Peter va lui ouvrir les yeux, la déciller et lui montrer le Monde.
L’intrigue trouve donc un rythme, un souffle, et c’est sur les traces d’Anna que le lecteur vit les attentes, les espoirs, les refus aussi, de cette adolescente. C’est plein d’émotion, c’est touchant, c’est profond. On vibre, on se révolte, on s’emballe, on s’attendrit. Allez, on se surpendra même à verser une petite larme sur la fin.
Les personnages sont attachants, ils ne délivrent leurs mystères qu’au compte-goutte, forçant le lecteur à aller toujours plus avant dans l’histoire. On pourrait peut-être reprocher une ficelle un peu grosse par rapport à Peter, mais ça ne ternit en rien le reste de l’intrigue.
La déclaration est classée dans les romans jeunesse, mais un public adulte pourra tout à fait y trouver son compte je pense. Encore un livre qui fait penser que les frontières entre les genres ne sont pas toujours faciles à définir… Chaque lecteur pourra exercer le niveau de lecture qu’il souhaite sur les pages de Gemma Malley.
En outre, Gemma Malley a tout de même su éviter le dénouement moralisateur et culpabilisant. Mais quand on arrive à la fin, tous ceux qui ont, un jour, envisagé l’éternité, n’auront plus jamais la même vision des choses. L'auteur parvient en effet à tirer les conclusions nécessaires à l’univers presque orwellien qu’elle a créé pour ne conserver qu’un leitmotiv : c’est la brièveté de la vie qui nous permet de la savourer.
Belle découverte, superbe révélation donc et je suivrai cet auteur de près, sans nul doute, s'il y a une suite de prévue notamment.