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Manolis de Vourla

Roman
à partir de 14 ans

L'avis de Ricochet

1922, c’est la Grande Catastrophe en Asie Mineure, au cours de laquelle les Turcs chassent plus d’un million de Grecs. Manolis, petit Grec de 7 ans, est brutalement séparé de sa famille, son village natal, son meilleur ami turc. Avec sa grand-mère Sophia, il quitte toute sa vie pour un exode incertain. Mais le petit garçon a beaucoup de courage et de volonté : il retrouvera sa mère en Crète, rejoindra un temps Sophia à Athènes, pour finalement tenter une nouvelle vie plus prometteuse en France, âgé seulement de 16 ans.

Allain Glykos, après Parle-moi de Manolis (L’Escampette, 1997), revient sur la vie tumultueuse de son père. Sous la forme d’une fiction vivante et émouvante, il retrace le parcours d’un petit garçon pris dans l’Histoire, et qui réussit malgré tout, avec l’amour de sa grand-mère pour le soutenir, à se construire un destin hors normes. Il n’y a pas de parti pris ni de jugements marqués dans l’histoire telle que racontée, le narrateur omniscient expose simplement les faits, chronologiquement. Cet épisode historique pourtant très proche de nous est relativement peu connu, et c’est un mérite certain de l’ouvrage de nous le rappeler. Un DVD de 50 minutes l’accompagne, au cours duquel s’alternent les souvenirs de Manolis, son premier retour en Grèce au bout de 45 ans, et des échanges d’Allain Glykos avec des jeunes à propos de son livre. L’occasion pour le lecteur de rencontrer un vieil homme pétillant, encore partagé entre sa vie en France et son enfance en Grèce qui lui fait venir les larmes aux yeux, et qu’il a peur d’avoir perdue. L’occasion aussi de mesurer la portée de l’ouvrage de son fils : d’une histoire personnelle, celui-ci a su montrer la question intemporelle et universelle de l’immigration, qu’elle soit vécue par la première ou la deuxième génération. La discussion avec des jeunes Africains est particulièrement signifiante. Les deux supports sont intimement complémentaires : le livre sans l’image n’inciterait pas autant à la réflexion, et l’image sans le livre perdrait en compréhension. Une excellente idée d’étude pour une classe, en cours d’histoire ou d’éducation civique.

L'avis des internautes

Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs
le 01/21/2009 16:07

A la recherche de ses racines, le fils intègre du père intégré trempe sa plume dans l'encre bleue de la mer Egée puis dans les flots de l'Atlantique.
Il y a dans chaque Grec un Ulysse qui sommeille dans l'attente de son odyssée. L'un ne va pas sans l'autre; forcément, Ulysse se dit Odusseus en grec. Le fils dit les mots du père sans les travestir. Le style n'est que pudeur, retenue, émotion mais aussi volonté de ne pas trahir. Le seul accent que l'on remarque, c'est celui de la sincérité.
Je peux en témoigner: ma mère, née à Vourla comme Manolis qu'elle a sans doute connu, est venue rejoindre son frère ainé à Grenoble en 1923.
Merci, Allain Glykos

c'est super