Aller au contenu principal
Espace publicitaire
Fermer

L'enfant qui voulait boire la mer / Mama mam'ba

Nouvelles
à partir de 8 ans
: 9782918689966
1.50
euros

L'avis de Ricochet

Dans ce tout petit opuscule, quatre éditeurs jeunesse s’associent pour diffuser deux histoires qui traitent d’un problème de société, ici la migration tragique de deux enfants.

L’enfant qui voulait boire la mer est un long monologue porté par un enfant. Il regarde une photo et s’interroge : Que fait cet enfant,
« …allongé sur le ventre,
la bouche tout près des vagues » ?
Le style très familier de cette interrogation rend compte de la perplexité du jeune regardeur. Il élabore des scenarii, « il » a voulu boire, ou construire un château de sable ou… ? Les tournures orales et enfantines « son papa et sa maman », les négations incomplètes, tout signale le discours intérieur de l’enfant. Son étonnement face aux parents absents exprime la différence entre les enfances, plutôt heureuse ici, accompagnée, soutenue ; là-bas, abandonnée et solitaire. Ce texte si court, qui décrit la photo de l’enfant syrien mort, sans jamais la nommer, dénonce l’euphémisation par les parents. L’enfant sait, « moi je croyais qu’il était mort », il dort, disent les parents. L’enfant n’est pas dupe « dormir tout mouillé, c’est pas terrible ». Le dormeur du val ne le contredirait pas.

Tête bêche, Mama mam’ba, est un monologue également, l’adresse d’un enfant mort. Il raconte à sa mère, sa mort dans les nuages, caché sous une aile d’avion. La complainte est construite comme une chanson, deux strophes de cinq vers, un distique en refrain. Cette formule, répétée six fois,
« Là-bas, là-bas, un jour nous irons
Là-bas, là-bas, nous nous retrouverons »
rend le texte poignant. La progression lente vers l’enfant nuage fait penser à la douleur et à la tristesse lumineuse des gospels.

On est ému, impressionné par la grande simplicité de ces deux textes, au plus près du langage des enfants. La modestie du format contraste avec la force du propos. Dans le but affirmé de toucher un jeune public, comme naguère Matin brun de Franck Pavloff, les auteurs et les éditeurs font le pari que répondre aux questions morales que se posent les enfants est une façon de mobiliser les consciences des petits et des grands. A diffuser sans modération.

Présentation par l'éditeur


L'enfant qui voulait boire la mer

Une fillette s'interroge sur une photo entraperçue à la télévision.

Mama mam'ba

Un jeune Africain adresse un poème posthume à sa mère.


Cet ouvrage est tiré à 10 000 exemplaires. Les 5 000 premiers exemplaires seront distribués gratuitement par les libraires : ce sont les bénéfices issus de la vente des 5 000 suivants qui reviendront à l’association Singa France