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Le yéti s'ennuie

Album
à partir de 7 ans
: 9782896081127
10.90
euros

L'avis de Ricochet

Prenez un bon mythe ancien qui n’a pas vieilli, celui du yéti. Saupoudrez ce mythe d’une petite dose de modernité (banjo, tricot et médias sociaux) et vous voilà avec un album insolite et cocasse. Auteure d’une vingtaine d’albums, dont plusieurs ont été primés, Pierrette Dubé a maintes fois fait la preuve de son inventivité et de sa verve, qu’on pense au désopilant Comment devenir une parfaite princesse en 5 jour ou encore au remarquable L’année des sorcières. Une fois de plus, cette auteure démontre son talent pour concocter des livres offrant un mélange de fantaisie, d’originalité et d’humour pétillant.

Il se nomme Henri, le sympathique yéti imaginé par Pierrette Dubé. Et le grand souci d’Henri, c’est l’ennui. Tout seul, très seul dans sa caverne de la Mandchourie, il occupe ses journées à diverses activités : faire d’énormes empreintes de pas dans la neige, jouer du banjo, tricoter et bien sûr… lire! Heureusement, un vendeur itinérant tirera Henri de sa triste solitude en lui offrant un ordinateur en échange d’une photo de lui. Mais oui, ça vaut son pesant d’or une photo de yéti !

Voilà donc notre bon yéti plongé dans le plus populaire des passe-temps du XXIe siècle : surfer sur la Toile. Au fil de son vagabondage virtuel, Henri tombe sur un site de rencontres et décide d’y poster une petite annonce. Aussi candide que romantique, il déclare être à la recherche d’un amour « de longue durée, si possible éternel ». Grâce à la magie de l’Internet, notre yéti esseulé rencontre Jenny, une jolie femelle yéti des États-Unis. Il n’en faudra pas plus pour que le tendre Henri quitte sa blanche Mandchourie…

Ce qui plait chez Pierrette Dubé, c’est son audace à sortir des sentiers battus, sa volonté affichée de ne pas sous-estimer le lecteur. On le note, entre autres, dans cette façon qu’elle a de parsemer son texte de brefs commentaires éditoriaux (exemple : « Presque toutes les histoires de yéti commencent comme ça. »). Elle pousse même l’audace jusqu’à glisser un questionnement existentiel dans son album. En effet, après avoir lu dans une encyclopédie qu’on ignore si les yétis existent vraiment, le pauvre Henri doute de sa propre existence.

Avec ses joues rosées, son pelage bouclé et son foulard multicolore, le yéti dessiné par Isabelle Malenfant s’avère beaucoup plus charmant que terrifiant. Voilà un abominable homme des neiges qui ne fera certainement pas peur aux enfants.

Récipiendaire du Prix du Livre jeunesse de Marseille (2011), pour Confisqué, un album publié aux 400 coups, Isabelle Malenfant a utilisé une technique mixte de crayon, pastel et Photoshop pour illustrer Le Yéti s’ennuie. « J’ai fait la majeure partie du travail à la main (dessin, couleur et fond) et terminé à l'ordinateur pour les ajustements, collages de textures ou aplats de couleurs. Je travaille le pastel avec des cotons-tiges de différentes grosseurs. Je les utilise pour appliquer et estomper la couleur sur mon papier, ça me permet une application très douce et légère », explique l’artiste.

Cette douceur dans le trait et dans les teintes est particulièrement réussie dans les panoramas enneigés, balayés par le vent et de belles aurores boréales. Ces paysages nordiques forment d’ailleurs un agréable contraste avec les intérieurs douillets de la caverne du yéti. Quelques clins d’œil rigolos, tel cet autoportrait d’Henri sur le mur de sa caverne ou l’icône de la poire (plutôt que la pomme) sur l’ordinateur, témoignent de l’humour coquin de l’illustratrice.

Et de l’humour, on en trouve à chaque page, dans ce récit de yéti. Un humour parfois absurde, souvent pince-sans-rire, mais toujours intelligent. De par cet humour subtil et les thèmes abordés - solitude, médias sociaux, âme sœur, etc. – ce récit s’adresse d’ailleurs davantage aux 7 à 9 ans qu’aux enfants d’âge préscolaire. Les lecteurs plus âgés seront mieux en mesure d’apprécier le ton espiègle et l’intrigue délicieusement farfelue.

Présentation par l'éditeur


Il était une fois un yéti nommé Henri. Oui, UN yéti, car dans les histoires, il n’y a que très rarement plus d’un yéti à la fois ! Henri vivait seul et n’avait pas d’amis. Pour passer le temps, il faisait du tricot, nettoyait sa caverne et jouait du banjo. Mais Henri s’ennuyait. Un bon matin, on sonna à sa porte. Dans la vie d’un yéti, c’est un événement inouï !

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