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Le temps des cerises : journal de Mathilde, 1870-1871

Roman
à partir de 11 ans
: 2070577260
7.95
euros

L'avis de Ricochet

Enfant trouvée, Mathilde s’échappe de l’hospice, connaît la prison pour avoir volé un pain, s’échappe à nouveau. Elle rencontre alors Louise Michel, institutrice qui recueille, nourrit et instruit avec sa mère des enfants des rues. Mathilde devient sa protégée puis son aide. La jeune fille écrit son journal et raconte : les temps politiques sont perturbés, Mlle Michel fréquente des révolutionnaires. Après la défaite de 1870 contre la Prusse, elle fait partie de la Commune de Paris. Elle la verra aussi tomber… Son procès la condamne à la déportation.

Dans une petite postface, l’auteur explique s’être documentée sur la Commune, avoir lu les mémoires de Louise Michel… Son récit sonne juste, la forme du journal permet un déroulement chronologique simple et bien indiqué pour la compréhension du sujet. Louise Michel y apparaît dans toutes ses nuances : une femme forte, reconnue dans le monde politique – avec elle, on croise Vallès, Clémenceau, Ferry… - et œuvrant pour l’éducation de tous, mais aussi une femme seule dans un monde d’hommes, dévouée au quotidien à ses petits élèves, très proche de sa mère à quarante ans passés. Mathilde, qui partage son idéal d’égalité, est parfois circonspecte : « Blottie près du poêle éteint, j’écoute sans trop les comprendre ces propos guerriers. Je croyais que ma bienfaitrice détestait, autant que moi, la guerre ! » (p. 90). L’intérêt du livre est d’ailleurs là : réussir à dire sans approuver ni condamner. Catherine Féret-Fleury aborde la Commune sous un angle modéré ; sa narratrice fréquente une amie de la bonne société, prend des leçons de chant et ne rejette pas toute idée de luxe, ou du moins de confort. Vraie héroïne d’un roman qui pourrait se suffire sans la présence de Louise Michel, Mathilde attache le lecteur à son parcours difficile et à sa façon douce et têtue de poursuivre son chemin, loin finalement de l’anarchisme de sa protectrice. On regrettera que le dossier final se centre sur la Commune sans approfondir la vie de Louise Michel (quid après son retour de déportation ?), mais, sur une période dont la France ne sait pas bien encore quoi penser, Le Temps des cerises reste facile à lire et pédagogique sans ennui.

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