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L’auberge de nulle part

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 9 ans

L'avis de Ricochet

La page de garde sonne comme un arrêt de mort. Roberto Innocenti a perdu son plus bel outil de travail : l’imagination. Ainsi le voit-on préparer ses bagages après avoir rangé ses pinceaux et ses peintures. C’est avec beaucoup d’humour qu’on le découvre dans sa petite voiture rouge, conduire sur une longue route avec le cadran des heures qui s’écoulent au rythme de la jauge à essence. Enfin, la voiture s’arrête devant l’auberge de nulle part où l’illustrateur semble attendu et est accueilli par une phrase à méditer : « là où les Réponses dansent avec les Points d’interrogation, vous trouverez le remède. » En signant sur le registre, Roberto peut se rendre compte que ses compagnons de séjour ont pour nom Oliver Twist, Peter Pan ou encore Tom Sawyer. Il croise les routes de personnages, tous hauts en couleurs (si ce n’est que Gris de Pâlichon est noir et blanc, tout comme sa chambre, que la frêle jeune fille avec sa garde malade n’est habillée qu’en blanc). Finalement, les uns et les autres semblent retrouver ce qu’ils cherchent et quittent petit à petit l’auberge. On accepte les nouveaux venus qui viennent par avion, vivent dans les arbres…Au moment de partir, Roberto Innocenti comprend que chacun d’entre eux « avaient semé la curiosité et récolté l’imagination ».

Ce livre est un hymne aux créateurs qui savent par la magie de leur imagination rendre réelles leurs images mentales. Innocenti fait appel à ses lectures d’enfance ou d’adolescence pour souligner combien celles-ci nous habitent. Les dessins de l’illustrateur de Rose Blanche, très soignés, invitent aussi au voyage. La lecture est double puisqu’on croise aussi bien des personnages fictifs que des êtres réels, eux aussi souvent artistes. On remarquera aussi l’intérêt de la postface qui rappellent aux oublieux ou aux plus jeunes qui est tout ce personnel qu’il vient de croiser. Le livre se ferme donc sur une invitation à la lecture d’autres œuvres, à la rencontre d’autres personnages, quelque peu apprivoisés grâce à cette auberge de nulle part.

Bel hommage au patrimoine littéraire !

Eléonore Hamaide