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L'art de la fugue

Album
à partir de 4 ans
: 9782360121182
13.00
euros

L'avis de Ricochet

L’art de la fugue comme Pas de gâchis ! sont deux titres jamais publiés d’Agnès Rosenstiehl, l’auteure emblématique de la cause des petites filles dans les années 70. Que les éditions La Ville brûle les publient aujourd'hui est la preuve qu’Agnès Rosenstiehl est toujours une référence et que son travail n’a pas pris une ride, même s’il nous transporte dans un monde sacrément fantastique !

L’histoire s’inscrit dans un décor complètement inspiré par l'environnement esthétique de l'époque. Le choix du noir et blanc renforce cette appartenance qui rappelle aux plus âgés d’entre nous les shows télévisés de Jean-Christophe Averty. Le travail sur la profondeur, le relief suggéré et le trompe-l’œil constituent pour les lecteurs d'aujourd'hui autant de clins d’œil à ce qui fut une mode baroque et lumineuse. L’usage qu’en fait l'auteure est parfaitement adapté à l’aventure onirique que va vivre le héros de l’histoire.

Un petit enfant s’écarte du jeu, blessé par les paroles un peu acerbes de sa grande sœur : « Tu ne sais vraiment pas jouer ». Attiré par ce qui ressemble à l’ouverture d’un âtre, mais inscrit dans une sorte de placard sans porte, l’enfant s’assied, boude, bougonne et s’évade. Devant lui s’ouvre un monde cinétique où un mur percé d’un agencement symétrique d’ouvertures cubiques propose autant de portes dérobées qui se dévoilent d’un coup. Derrière l’une d’elle, un couloir s’enroule autour d’une colonne d’escalier peut-être, le tapis est fleuri de gros motifs très seventies, au loin une petite porte attire l’enfant, il la passe, et s’envole. Ah, les petites portes… Emporté par le courant d’air, il bascule tête en bas, et traverse des espaces labyrinthiques aux décors psychédéliques, s’engouffre dans des vestibules successifs qui s’emboîtent les uns dans les autres, se laisse dériver jusqu'au vertige, le plaisir cédant la place au regret, « je voudrais bien rentrer dans ma tête ! ».

La fugue est à la fois le projet de l’enfant et le motif artistique : comment pourrait-on dessiner la fugue ? L’utilisation de l’art optique et la suggestion du mouvement infini sont à la base de la proposition d’Agnès Rosenstiehl, qui en profite pour évoquer le plongeon onirique, le déséquilibre et la perte de tout repère.

Le lecteur et la lectrice se laisseraient vite emporter par le tourbillon narratif de cette jolie promenade ; cependant, la mise en pages de ce petit album haut et étroit comme une porte coupe les illustrations en deux, et leur effet hypnotique avec. S’il s’agit de suggérer parfois le point de fuite, ce choix occulte souvent aussi l’intérêt de l’évocation, et casse le rythme de cette folle promenade. Un petit bémol discordant qui met à mal l’harmonie de cette fugue-là.

Présentation par l'éditeur

L’Art de la fugue a été écrit et dessiné par Agnès Rosenstiehl en 1967, dans la foulée de l’adorable Dans la coiffure... mais il n’avait jamais été publié, oublié dans un carton par sa créatrice ! Quel dommage ! Ce petit livre, qui attendait depuis plus de 50 ans d’être lu, est une vraie merveille.

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