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La Vie comme Elva

Roman
à partir de 13 ans
7.50
euros

L'avis de Ricochet

Toute la ville de Sponge travaille pour l’usine La Francilienne, et la famille d’Elva ne fait pas exception. Le jour où son père et sa mère sont licenciés, avec 80 autres personnes, c’est la grève générale et l’occupation de l’usine. Elva ne va plus à l’école, elle aide à préparer les banderoles pour manifester, les gigantesques repas, chante le fameux « Tous ensemble ! » et écoute Le Temps des Cerises…Luce, fille du directeur du personnel de l’usine, seule dans sa jolie maison, sympathise avec Elva, la rejoint aux piquets de grève, se moquant d’être reconnue. Un amour naît entre les deux filles. Ce beau sentiment ne sauvera évidemment pas l’usine, qui finit par fermer totalement. Luce et Elva restent en contact, après avoir appris leur relation aux Spongeois lors d’une fête.

Le sujet du livre n’est pas tant l’homosexualité, bien assumée, des deux filles, que la grève. Le capitalisme aveugle et triomphant, le chômage ravageur sont au centre du propos de l’auteur. Chacun réagit différemment face à ces spectres, les femmes de la famille d’Elva plus promptes à se rebeller que les hommes. Tout est détaillé de manière authentique : organisation matérielle, assemblées, manifestations, solidarité des commerçants (emplois dérivés), « jaunes » et autres « briseurs de grève ». Je ne pense pas qu’Elva soit un personnage principal comme les autres : l’histoire tourne autour d’elle, elle nous montre certes que l’amour abolit les classes sociales, mais ses sentiments de ce point de vue ne sont pas très approfondies. De même que ses sentiments tout court, d’ailleurs : Elva est comme le prisme par lequel le narrateur anonyme observe le déroulement de la grève, un prétexte en quelque sorte. C’est plus un épisode dramatique de la vie d’une ville, cette héroïne moderne, que le roman relate. Un sujet quasiment jamais traité dans la littérature de jeunesse, ici traité sans haine, avec réalisme.

NB : On pensera à Star-Crossed Lovers de Mikaël Ollivier, également chez Thierry Magnier, qui narre un amour impossible entre une fille d’ouvrier et un fils de directeur, sur fond d’usine qui ferme en grève. A contrario de La Vie comme Elva, l’histoire d’amour était alors au premier plan.