Aller au contenu principal
Espace publicitaire
Fermer

La femme phoque

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 6 ans
14.00
euros

L'avis de Ricochet

Légende inuit somptueuse et intense, « La femme phoque » est une invitation à la rêverie, une fenêtre ouverte sur l’ailleurs, un voyage somptueux à parcourir le Grand Nord et ses étendues glacées et une immersion au cœur d’un village inuit.
« La femme phoque », c’est avant tout l’histoire d’un homme Natatok, pêcheur de phoques courageux et téméraire, qui sait capturer et posséder l’autre, mais ignore tout du sentiment amoureux. Au village, tout le monde l’admire, mais aucune jeune femme ne se sent attirée par le jeune homme. Son igloo et son cœur restent vides.
Pourtant, le jour où il voit un groupe de phoques sortir de l’eau et retirer leur peau pour libérer de magnifiques jeunes femmes, un sentiment nouveau s’éveille en lui. Natatok tombe sous le charme de l’une d’entre elles, rayonnante de beauté et de grâce. Son instinct de chasseur lui dit de s’emparer de la peau de cette belle naïade, l’empêchant ainsi de reprendre sa forme phoque et de disparaître dans les eaux. Lorsque Natatok revient sur la rive avec une chaude pelisse d’ours, la jeune femme voit en lui son sauveur et, à son tour, se laisse séduire par Natatok qu’elle épouse et auquel elle donne deux merveilleux enfants.
Retenue sur la terre malgré elle, la jeune femme ne parvient à oublier la mer et l’appel du grand large. En perdant sa peau de phoque, elle a perdu sa liberté. Et bien plus encore… Elle s’est perdue, elle a abandonné son idéal. Avec son tempérament sauvage, elle est de ces femmes libres qui se laissent aimer un jour mais refusent de se donner pour la vie. Prisonnière, elle ne peut rester : « On ne peut empêcher quelqu’un d’être ce qu’il est… »
Ce texte de Catherine Gendrin d’une rare puissance dit beaucoup sur l’amour, le besoin de posséder l’autre, l’envie de liberté : il n’est plus belle expression de l’amour que de savoir préserver la liberté de l’autre, et parfois lui rendre. Un conte que l’on peut lire au plus petits, mais dont la force et l’essence même ne peuvent être perçues que par des lecteurs déjà plus matures. Les illustrations de Martine Bourre, habituée des éditions Didier jeunesse, mélange de peintures, de gravures et autres collages dans une dominante d’or et de bleu sont d’une grande intensité pour un envoûtement total.