Aller au contenu principal

Rechercher un livre

Date de publication
Age-cible

Des Tifs et du taf

Roman
à partir de 14 ans
8.50
euros

L'avis de Ricochet

Les deux jumelles Keeba et Teesha vivent dans un quartier défavorisé de Brooklyn. Elles ne savent pas quoi faire une fois le lycée terminé. La jeune bibliothécaire les oriente vers la coiffure et le tressage de nattes. Les soeurs réussissent à ouvrir un salon de coiffure, mais les clients manquent et les jalousies sont violentes. Heureusement, elles ne se laissent pas facilement décourager.

Après Brooklyn Babies et Top-rondes, Des Tifs et du taf clôt la trilogie que l’auteur a consacrée aux cités de Brooklyn dont elle est issue. On y retrouve donc les mêmes personnages, jeunes filles attachantes, très différentes les uns des autres. Les difficiles réalités économiques sont ici au cœur du propos, avec d’abord la question du travail. Nos deux héroïnes assez inconséquentes s’enflamment pour un résultat irréaliste et négligent les moyens dont elles vont avoir besoin. Heureusement, ce manque de clairvoyance est compensé par une obstination et une volonté d’indépendance sans failles. Elles ne perdront pas leur enthousiasme, mais leur naïveté : « Il y avait bien une clientèle, mais pas du tout de quoi assurer la « grande vie » que Teesha avait espérée. » (p. 154). C’est le passage à l’âge adulte… La crise du logement est ensuite présentée en toile de fond, avec les inévitables rumeurs d’expulsion et délits de corruption. Le problème n’a pas d’ailleurs de vraie solution : les habitants de la cité restent solidaires mais ghettoïsés… Janet McDonald exprime toujours avec le même brio l’atmosphère des quartiers pauvres de New-York dans toute leur complexité. Son roman hyper-réaliste dans les moindres détails – voir les habits, l’alimentation - draine peut-être moins d’émotion que les deux premiers (les deux sœurs n’ont pas de bébé à charge), mais forme un complément à la trilogie, à mi-chemin de la réussite par les études (Brooklyn Babies) ou par le « show-biz » (Top-rondes). Le point de vue du narrateur extérieur accompagne une langue très simple, des dialogues criants de vérité (simple exemple : « Vas-y, crache ton venin. Mais surveille tes arrières, mémère ! », p. 54) sans jeunisme artificiel : les personnages ne sont pas des stéréotypes. Janet McDonald aura avec ces trois ouvrages beaucoup fait pour réhabiliter les minorités ethniques des projects (nos HLM) de Brooklyn.

Du même auteur

Frères de rap

Roman
à partir de 13 ans
Sélection des rédacteurs
Avis de lecture

Top-rondes

Roman
à partir de 15 ans
Avis de lecture