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Hélène Riff

23 novembre 2006

Avec son inimitable empreinte, Hélène Riff compose des albums rares et déconcertant, parsemés de trouvailles graphiques et langagières, qui suscite l'exploration attentive du lecteur. Née à Alger, Hélène Riff arrive en France à l'âge de dix ans. A 17 ans, elle entre aux Beaux-Arts de Montpellier, puis se rend à Lyon pour réaliser un premier cycle des arts appliqués et s'arrête à Strasbourg pour un deuxième cycle des arts décoratifs, section illustration. Elle fera escale à Paris pendant dix ans, pour finalement s'installer à Arles. Elle a créé quatre albums jeunesse (« La chaussette jaune », « Le jour où papa a tué sa vieille tante », « Papa se met en quatre » et en 2004 « Le tout petit invité ») et a signé plusieurs recueils collectifs. « Je suis la tortue de l’édition jeunesse » aime-telle déclarer, « je mets sept ans à « faire » un livre qui met sept minutes à être lu. ». Quand on lui demande pourtant à quel animal elle s'identifie, elle déclare le papillon. Tortue ou papillon, quoiqu'il en soit, Hélène Riff aime créer la surprise et développe un grand sens de la dérision. Et c’est l’invité de cette quinzaine.


- A quel "héros"/ personnage de fiction vous identifierez-vous volontiers ?

Marlaguette (père castor). Elle amadoue le loup.

- Quelle utopie seriez-vous prêt(e) à défendre ?

On peut trouver midi à quatorze heures





- A part être écrivain ou illustrateur, que rêveriez-vous d'être ?

Chanteuse, mais je suis une casserole.

- Où écrivez-vous ? Quel est le lieu qui vous inspire le plus ?

Dans les quatre petits coins de table agréables, quand on y a réglé l'utile.

- Quel (s) genre(s) de livre(s) vous tombe(nt) des mains ?

Les livres de cuisine parce que j’ai les mains grasses à les utiliser : brioches, gauffres, crèpes, j'aime la pâte au bout des doigts, surtout celle qui lève.

- Que redoutiez-vous enfant ?

Le chien, au fond du jardin.





- Vous arrive-t-il de côtoyer des êtres imaginaires ?

Non

- Que feriez-vous ou diriez-vous à un ogre s'il vous arrivait d'en croiser un ?

Je me transformerais en clou comme salomon le lapin (Salomon clou rouillé; William Steig)

- Qu'avez-vous conservé de l'enfance ?

A peu près tout. et aussi un petit sac à main en skaï beige, trois poches, dont j’ai grignoté la bandoulière. Il est en bas.

- Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ?

Mystère et boule de gomme.

- Quelle est la meilleure phrase qu'un enfant vous ait dite ?

« maman tu es belle et je t'aime. »





- Quelle est votre définition du bonheur ?

Une journée qui commence tôt, avant le soleil, ou avant les autres, avec un fil à tirer, des petits imprévus que l'on chope en route en guise de perles. Les tours et les détours.

S'endormir sur ces deux oreilles : le sentiment d’avoir donné, et d’avoir osé. Et d'avoir appris aussi.

- Si vous aviez la possibilité de recommencer, que changeriez-vous ?

Tout, pour voir.

- Enfant, quel genre de lecteur étiez-vous ?

Je lisais ce qu’il y avait dans la maison.


- Vis-à-vis de quoi vous sentez-vous impuissant ?

Les chiens

- Quel est l'animal auquel vous ressemblez le plus ? Pourquoi ?

Le papillon : se rassurer dans la symétrie, faire un peu de poudre aux yeux, passer du coquelicot à l'anémone, en regrettant le volubilis, aimer beaucoup l’air, hésiter, hésiter.





- Quel est le mot que vous préférez dans la langue française ?

J’aime ceux qui commencent par H comme moi; si on superpose tous les H, ça fait une echelle pour voir là-haut.

- Que souhaiteriez-vous que l'on retienne de vous ?

Que l’on me retienne quand j’ai le tournis sur l'echelle

Vos livres
- Quelle est votre dernière sortie pour la jeunesse ?

C'est le tout petit invité (albin michel jeunesse). J'ai réussi à l'inscrire dans un printemps, et d'un bout à l'autre sur la même table.

J'ai pris le format sur le format du petit accordéon de mon garçon. Parce qu'il s'agit de souffle : celui d'un bébé, au seuil de la maison, toc toc, histoire de pousser lui aussi sa petite chanson à plein poumon. Mais toutes les mains sont pleines de la vie en long en large et en travers.

vraisemblablement, il n'y a pas de place.

vraisemblablement, abracadabra, il en restait encore un peu.





- D'où est né votre premier livre/ illustration ?

D’un petit mouton de poussière de dessous le lit.

- Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Je dessine sans texte

et j'écris sans dessin.


Références
Littérature de jeunesse
- Un livre qui vous a marqué petit ?

La grande panthère noire (père castor) pour la page ou les chasseurs tournent autour du petit bois de figuier banian à la poursuite de la panthère, qui tourne autour du même petit bois de figuier banian : un jour, une semaine, un an. Eux ne se voient pas; moi si, tralalala (c'est la joie de la prise de conscience du point de vue), j'ai le privilège de les voir passer, les uns, et puis les autres, et de voir aussi passer le temps.

- Quels sont vos livres "coups de cœur", les "incontournables" en littérature de jeunesse ?

Là, je descends dans la chambre des enfants, je penche ma tête pour lire les dos, je regarde ceux qui me "font de l'œil". Voici :
la chasse à l'ours Mickaël Rosen et Helen Oxenburry
dans le brouillard de milan, Munari
loup y es-tu ? Mitsumisa Ano

les ailes du crocodile Gilles Eluar

lettres de la fourmi à l'écureuil, Toon tellegen et Axel Scheffler
va faire un tour, et tous les livres de Kitty Crowther,

et ceux d'Anne Brouillard

arthur le rêveur, Anna Clara et Thomas Tidhom
les contes du chat perché, Marcel Aymé
les aventures de léna léna, Harriët van Reek

bonsoir lune, Margaret Wise Brown et Clément Hurd
cependant, Paul Cox

hier j'ai acheté la vie rêvée de papa quichon d'Anaïs Vaugelade, et salomon clou rouillé de William Steig.

J'aime la vie qui grouille dans les dessins d'Alice Charbin.

j'aime l'univers de Richard scarry, les images de Christian Aubrun, et d'une manière générale les dessins des enfants, qui n'y vont pas par quatre chemins.

J'en aime d'autres aussi que j'oublie.





Culture
- Un film qui vous touche

Le film du paysage qui passe par une fenêtre de train, en même temps que le contact de mon front sur la vitre, qui m'y ancre.

L'alphabet de Deleuze que l'on vient de m'offrir, qui m'attend, carré, dans son emballage.
- Un musicien
Marc Perrone
- Un lieu où vous aimeriez vivre

Ici, Arles, oui, pour le moment.
- Une phrase (une devise) qui vous guide

Petit à petit l'oiseau fait son nid, peut-être.





Actualité
- Vos dernières (bonnes) lectures ?

Je suis en train de commencer "rien" de Christian Garcin (Champ Vallon)
- Un site que vous souhaitez recommander ?
Les pages jaunes; on y est tous.


Auteurs et illustrateurs en lien avec l'interview

Hélène Riff

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