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Troie : la guerre toujours recommencée

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 8 ans
: 9782211211468
19.80
euros

L'avis de Ricochet

Yvan Pommaux retourne aux sources et poursuit son exploration de la mythologie grecque, dans ces albums grand format qui font la part belle à l’image. Il y alterne l’illustration classique et la narration de la bande dessinée. Cette manière de faire est l’une de ses marques de fabrique et donne au récit une belle vivacité.
Dans Troie, il s’attelle à un monument de la littérature patrimoniale, l’Iliade, d’Homère, dans un récit en flash-back.
La première image, pleine page, montre une scène estivale. Dans un jardin paisible, un père s’apprête à raconter à ses deux enfants « une guerre terrible, un désastre dû à une simple pomme ».
Cette jolie scène contraste singulièrement avec ce qui suit, le bruit et la fureur des armes et des hommes qui s’affrontent.
Si Éris, la déesse de la discorde, n’avait pas lancé dans l’assemblée des dieux une pomme marquée de ces quatre mots « Pour la plus belle », elle n’aurait pas déclenché une compétition entre trois déesses, Héra, Aphrodite et Athéna, et sans doute la guerre de Troie n’aurait-t-elle pas eu lieu !
Car dans l’Iliade, les dieux, dans leur Olympe enchanteur, se divertissent en observant les humains et n’hésitent pas à se mêler de leurs histoires. La guerre de Troie reflète à la fois les discordes divines et les désirs de conquête des hommes.
Le récit commence alors que Troie est assiégée par les Grecs depuis neuf ans. L’on y découvre des Grecs découragés et des Troyens exsangues. Les grandes figures du conflit sont au rendez-vous : Agamemnon, Achille, Ulysse, Patrocle, Priam, Hector et Pâris. Les femmes restent toujours en arrière-plan, comme de simples monnaies d’échange. Les combats ne manquent pas, d’homme à homme, ou de troupes emmêlées. Les dieux et les déesses, selon leurs humeurs et leurs goûts pour certains humains, font pencher la balance dans un camp ou dans l’autre.
On ignore comment se termine cette guerre inutile. On ignore qui l’a gagnée. Mais est-ce-là l’important ? « Le poète voulait peut-être suggérer que cette guerre ne se terminerait pas. Qu’elle en enfanterait d’autres, indéfiniment. »

Raconter ce conflit en quelque 75 pages relève du défi. Yvan Pommaux y parvient avec une grande maîtrise et des images soignées jusqu’au moindre détail et réellement saisissantes.
Du grand art !

Ā lire dans la même collection :
Ulysse aux mille ruses
Œdipe l’enfant trouvé
Orphée et la morsure du serpent
Thésée : comment naissent les légendes

Présentation par l'éditeur


La guerre de Troie éclate pour des motifs futiles, se poursuit interminablement, fait jaillir beaucoup de larmes, couler des flots de sang, répand la mort et provoque des ravages.