L'avis de RicochetUn matin, Nick s’est levé, est revenu au lycée qu’il désertait depuis quelque temps, et, dans le Foyer, a tiré sur la foule des élèves avant de se donner la mort. Enfin, il n’a pas exactement tiré sur la foule, mais sur certains élèves qui étaient notés sur une « liste de la haine », écrite avec sa petite amie Valérie. Cette dernière, après un été passé à l’hôpital pour une blessure à la cuisse, retourne dans le même établissement et va essayer d’aller de l’avant.
Ce gros roman de 400 pages intenses adopte le point de vue unique de Valérie. D’emblée, elle se distingue de Nick, qu’elle a aimé, mais qu’elle ne reconnaît pas dans le tueur et dont elle ne cherche donc pas vraiment à comprendre la psychologie. Elle veut l’oublier. Innocentée par la police, restée dans la ville et sa maison, Valérie a en fait d’autres soucis immédiats : affronter le regard des autres, trouver la force de suivre les cours pour préparer son entrée à l’université, se réconcilier avec ses parents. On peut trouver son attitude assez curieuse, on peut aussi admirer sa force de vie derrière des faiblesses flagrantes. La jeune fille, qui par ailleurs s’exprime avec facilité en mots d’abord tâtonnants, ensuite de plus en plus justes, se fait aider d’un psychologue attentif et d’une fantasque professeure de peinture (l’art-thérapie, un peu facile…).
Le temps de la narration est assez décousu, fait d’un présent douloureux, presque en miettes d’épisodes, et de souvenirs par dizaines : passé heureux de l’enfance, instants mortels de la tuerie, adolescence assez chaotique où Valérie tente d’analyser son propre comportement et sa relation avec Nick. L’importance du contexte familial, et des parents en plein divorce, est régulièrement mise en avant. Et puis, il y a les autres lycéens, qui réagissent de façon beaucoup plus positive qu’elle ne s’y attendait. Aller vers eux lui coûte, c’est pourtant cette démarche qui la sauvera.
Le sujet est brûlant, donc le livre ne peut que toucher profondément. Traité sérieusement, avec un investissement visible, il remplit d’ailleurs très bien son contrat. On peut toutefois se demander si une écriture resserrée, à l’image de l’elliptique film Elephant, n’aurait pas davantage convenu.
Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
Brève présentation par l'éditeurLorsque Valérie franchit le seuil du lycée, elle sait que rien ne sera plus jamais pareil. Cinq mois plus tôt, Nick, son petit ami, a ouvert le feu dans la cafétéria de l’école, tuant une dizaine d’élèves avant de se suicider. Des élèves agaçants, pénibles et arrogants qui figuraient sur la liste que Valérie et Nick ont tenue pour se défouler. Pourquoi ce qui n’était qu’un jeu est devenu un drame ? Comment va-t-on accueillir son retour au lycée ? Est-elle aussi coupable que Nick ? L'éditeur : Albin Michel Jeunesse Les livres jeunesse ont eu leur place au catalogue dès la création d’Albin Michel en 1900. Mais, avec la pénurie de papier de l’après-guerre, les publications jeunesse s’arrêtent. Ce n’est qu’au début des années 1980 que Francis Esménard,... |