L'éditeur : Pocket JeunesseJusque dans les années 80, Presses Pocket publiait, sans politique édititoriale véritable, les titres du Groupe de la Cité. La trésorerie repose alors presque exclusivement sur la publications des oeuvres de Pagnol, constituant bientôt une collection autonome. L'arrivée en 1988 de Leonello Brandolini...L'avis de RicochetDans un futur indéfini, aux Etats-Unis, l'année est rythmée par les Hunger Games. Organisé par la capitale et diffusé à grande échelle, ce jeu de télé-réalité voit s'affronter jusqu'à la mort vingt-quatre jeunes, au sein d'une nature hostile. Katniss remplace sa jeune sœur tirée au sort. Elle a seize ans, et déjà l'habitude de survivre…
La trame de l'histoire est fortement comparable à celle de Dos au mur de Christophe Lambert (Intervista, 2008), où des clandestins mexicains s'entre-tuaient à la frontière pour obtenir un visa américain. Sous son côté prenant de roman d'aventures – mortelles -, Dos au mur proposait en filigrane une critique politique ciblée sur l'administration Bush. De même, Hunger Games véhicule un message de condamnation, à la fois d'un Etat qui terrorise pour mieux contrôler, et d'une société de consommation sensationnaliste qui ne profite qu'à quelques-uns. L'attaque reste cependant anonyme, diffuse, dans la tradition des romans d'anticipation alarmistes. Mais le roman n'en est pas moins fort et captivant, avec moult rebondissements et revirements de situations. L'héroïne et narratrice Katniss est touchante, toute en certitudes ébranlées, en hésitations amoureuses aussi puisque l'auteur a choisi de glisser une note sentimentale. L'aspect psychologique et émotionnel réussi est l'atout majeur de ce gros roman pas forcément innovant, mais de qualité dans son genre. A lire en parallèle à la série Uglies de Scott Westerfeld (Pocket jeunesse, 2007), dont Hunger Games rappelle l'atmosphère glauque et urgente. |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)Katniss est un très beau personnage féminin, téméraire et intègre qui séduira les plus réticents des lecteurs. Sur le principe antique « des jeux et du pain », Suzanne Collins décrit une société totalitaire et un peuple complètement asservi où une émission de télé-réalité devient un outil au service de la dictature. La thématique politique est brièvement posée ici, notamment à travers le personnage de Gale, l’ami proche de Katniss qui semble prêt à en découdre avec le Capitole, et devrait être développée dans le deuxième tome. Il est d’abord question ici des jeux et des stratégies mises en place pour survivre et séduire l’audimat. Outre la violence psychologique, le sang coule à flot car les adolescents sont amenés à s’entretuer pour garantir leur propre survie. Le lecteur ne décroche pas un seul instant de ce roman. La construction efficace, le rythme haletant, les personnages volontaires, sont autant d’éléments qui contribuent à la réussite d’Hunger Games. Et le lecteur s’interroge jusqu’au bout sur la nature de la relation qui unit Katniss et Peeta : cet amour n’est-il que mis en scène dans cette incroyable « société du spectacle » ?
Anne Clerc