L'avis de RicochetLycéenne, Carla est intriguée par le beau voisin d’en face, qu’elle baptise Philémon. Il s’appelle en fait Pierre et est apprenti photographe. Dans la classe de Carla, il y a aussi Rose, en fauteuil roulant, qui rêve d’avoir un enfant d’Aurélien, mais ce dernier est lui-même indécis sur sa sexualité…
Le Complexe de l’ornithorynque fait évidemment référence au complexe du homard de Françoise Dolto. Mais au lieu d’une peau qui mue douloureusement, il s’agit ici d’une peau toute de guingois, qui pousse à la fois vers la terre du quotidien (les pattes palmées de l’animal) et vers le désir de s’envoler pour des sphères éthérées (le bec d’oiseau de la bestiole, cette fois). Les filles sont davantage embarrassées de leur physique, les garçons de leurs hésitations sentimentales, mais le malaise reste le même. Dans la narration, il surgit en petites phrases inattendues, en flèches toujours justes : « - Ca va aller… ai-je soupiré. Mais je ne voyais pas comment. » (p. 102). L’auteur a choisi la forme du roman choral, chacun des quatre narrateurs s’exprimant en quelques pages avant de céder la place à un autre, dans un mouvement de suivi logique ou temporel. Leurs humeurs sont résumées sous leurs noms : « à bout de forces », « étonnée », « perplexe », « mise au point », etc. Carla fonce, Pierre tâtonne, Rose rêve, Aurélien enfouit… L’adolescence est définitivement bien le temps des incertitudes et des « bouts » mal assemblés ! La relation Carla-Pierre est plus drôle et croustillante que celle de Rose-Aurélien, révélatrice de difficultés profondes. L’action n’est pas forte, les histoires d’amour avortent avant même d’avoir commencé, et les personnages grandissent, un peu, imperceptiblement. Grâce à sa construction originale, grâce à sa finesse et son empathie avec ses personnages aussi, Jo Hoestlandt a réussi le tour de force de renouveler un thème basique : on suit avec un naturel extraordinaire ces petits arrangements avec la vie Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : MilanInstallé à Toulouse, Milan est d'abord un groupe de presse spécialisé dans la presse enfantine. Il est fondé par Patrice Amen, Bernard Grimaud, Alain Oriol et Michel Mazériès.
Les magazines se déclinent selon les âges : pour les plus petits, Picoti (9 mois à 3 ans), Toupie (3 à 5 ans, créé en... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)Carla est un personnage très attachant et amusant.
J'ai vraiment aimé cette idée de passer d'un personnage à un autre, en racontant leur vie.
Je conseille vraiment de lire ce livre!
Un petit livre avec de jeunes personnages très attachants qui livrent tout à tour leur point de vue, leurs bribes de vie, leurs réflexions, leurs questions d'ados ... Comme un journal à voix multiples, voix qui vont se croiser, se découvrir, s'aimer, hésiter ... Une lecture très agréable, facile, pour ceux qui n'aiment pas trop les énormes pavés (150 pages très vite lues). A découvrir. Recommandé à tous ceux et toutes celles qui ont l'impression, parfois, d'être dans la peau d'un ornithorynque.
Certains personnages sont plus intéressants que d'autres. J'ai, par exemple, été gênée par l'attitude de Rose tandis que j'ai trouvé Carla attachante.
D'ailleurs, la comparaison qu'elle établit avec l'ornithorynque dans son récit d'ouverture est amusante et tout à fait pertinente.
Mais même si certains passages sont plutôt touchants, et que l'on déniche au fil des pages des envolées remarquables, pépites égarées, j'ai toutefois trouvé l'ensemble assez plat voire déroutant parfois.
Les thèmes abordés sont ceux caractéristiques de l'adolescence : l'amour, les relations entre amis, les cours, l'orientation sexuelle, ou encore les relations avec les parents. Mais tout cela n'est à mon sens qu'effleuré. On reste à la surface des choses.
Livre intéressant donc, si l'on considère qu'il reflète plus un instantané de la vie adolescente et de ses errances, mais qui peut procurer un sentiment d'insatisfaction final compte tenu de sa volonté de ne pas rentrer au coeur des choses.