L'avis de RicochetLiouba est une jeune fille d’origine française, pensionnaire à l’Ecole du Ballet impérial de Saint-Pétersbourg. Elle vit à l’abri de toutes les réalités extérieures, que ce soit la guerre contre les Prussiens ou la pauvreté alarmante du peuple. La mort de Raspoutine bouleverse la donne. Revenue dans la ville, liée à un étudiant bolchevik, elle va ouvrir les yeux sur le drame qui se joue en Russie. Elle sera finalement contrainte de s’exiler en France avec sa mère.
Anne-Marie Pol mêle dans ce roman la passion de la danse, un amour dramatique et un secret familial avec la grande Histoire. En quelques mois à peine, la vie de Liouba, narratrice qui se raconte dans un journal, bascule complètement. D’une part, la jolie ballerine de Sa Majesté passe d’une position politique très conservatrice à des interrogations sur le bien-fondé du tsarisme (sans toutefois vraiment adhérer aux positions socialistes). C’est finement amené, par observations des changements du quotidien, et par petites réflexions progressives. D’autre part, les événements d’octobre 1917 vont agir indirectement sur la vie personnelle de la jeune fille : un premier amour et la révélation de l’identité de son père précipitent son entrée dans l’âge adulte. Le mélodrame n’est pas évité – la « mort » dans la rue, drapeau à la main, du jeune Youli arrive un peu artificiellement, de même que sa « résurrection » sept ans plus tard. Cette lecture facile s’intéresse néanmoins à une période peu traitée en fiction jeunesse, et de surcroît la présente bien, avec un petit dossier final habituel à la collection. On appréciera aussi un jeu de l’auteur sur le processus d’écriture (« Voilà mon histoire. […] Et ça me fait drôle de la voir écrite. On dirait un roman… », p. 15), une allusion à la vie de Pouchkine, un parallèle entre les mots et la danse (« Les mots ne sont pas ‘couchés’ sur le papier ! Ils s’en échappent, ils bondissent et tourbillonnent. », p. 129) : des petites touches originales qui marquent agréablement l’ouvrage. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |
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