L'avis de RicochetDans un monde semblable en tous points au nôtre, la société est divisé en Primas – les hommes et les femmes de peau noire, les dominants – et Nihils – les Blancs, à qui on réserve les tâches les moins intéressantes -. Sephy, une Prima fille de ministre, et Callum, un Nihil, ont grandi ensemble, la mère de Callum étant nourrice de Sephy. Ils sont maintenant adolescents, et… amoureux. Tous deux vont fréquenter le premier lycée « mixte », dont l’ouverture donne lieu à des émeutes. Maladroits à exprimer leurs sentiments face aux pressions racistes, ils se brouillent. Parallèlement, le père et le frère de Callum, qui appartiennent à une organisation terroriste, posent une bombe au centre commercial. In extremis, Callum sauve Sephy qui y faisait des courses. Le père de Callum est arrêté, Callum poussé par son frère rejoint la clandestinité. Son groupe prend en otage Sephy et les amoureux se retrouvent dans cette situation difficile. Dénoncé, Callum est arrêté, puis pendu. Sephy est enceinte, elle décide de garder le bébé et de lui donner le nom de son père.
Entre Chiens et loups est d’abord une belle histoire d’amour impossible, à la Roméo et Juliette. La relation des deux jeunes gens est contrariée par la société, par leurs parents… Eux-mêmes en viennent à ne plus savoir que penser et faire pour se prouver que leur appartenance à tel ou tel clan n’est pas importante. Sephy est maladroite en voulant faire participer Callum à des événements où il se retrouve le seul Blanc, Callum se vexe de plus en plus, repousse la jeune fille.
C’est ensuite une fiction politique d’excellente qualité. Sur une inversion fort astucieuse de la valeur accordée à la couleur de peau, Malorie Blackman réinvente un monde entier (politique, urbanisme, travail, éducation…). Une véritable gageure qui a pour résultat un monde raciste, policé, cloisonné, surveillé. Inévitablement, on pense à 1984 de George Orwell. Le lecteur a des frissons dans le dos à l’idée qu’une telle société n’est finalement pas si loin de nous, et c’est bien le signe de la réussite du roman.
D’un point de vue narratif, les deux voix de Sephy et de Callum s’alternent en paragraphes, au long de chapitres plus ou moins longs, correspondant à des périodes temporelles définies (La Séparation, L’Aveu…). Les personnages secondaires sont plus ou moins soignés, la famille de Callum est davantage explorée que celle de Sephy, ce qui a pour effet de faire apparaître les Primas comme encore plus dominants, intouchables (voir l’alcoolisme de la mère de Sephy, pas très approfondi). On retiendra l’épisode touchant avec la sœur de Callum, devenue folle après une agression en compagnie de son petit ami, un Prima, et qui se suicide quand elle retrouve sa tête.
Il est rare de trouver un ouvrage de cette densité de contenu qui reste de lecture abordable pour les jeunes et suffisamment captivant sur la longueur. Entre Chiens et loups, paru en 2002 en Angleterre, best-seller, a reçu de très nombreux prix. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : MilanInstallé à Toulouse, Milan est d'abord un groupe de presse spécialisé dans la presse enfantine. Il est fondé par Patrice Amen, Bernard Grimaud, Alain Oriol et Michel Mazériès.
Les magazines se déclinent selon les âges : pour les plus petits, Picoti (9 mois à 3 ans), Toupie (3 à 5 ans, créé en... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)Plein d'émotions et de rebondissement qui font l'amour des deux personnages principaux : Callum et Sephy.
Un peu triste à la fin, mais je n'en dis pas plus.
A lire absolument pour tous ceux qui ont un peu de coeur.
Je le conseille au si bien garçons qu'au filles !
Même si je suis sur qu'un garçon qui voit la taille du livre prend tout de suite peur. Mais on est vite acroché,et on ne peut plus sent passer !!!
Deux autres tomes qui racontent la suite de ces périples : "La couleur de la haine", et "Le choix d'amer".