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Les amants du Génome

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 13 ans
: 9782748520576
16.94
euros

L'avis de Ricochet

Dans un monde futur gangrené par la pollution, l'école n'est plus une obligation. Orfée et Irdiss, issus de milieux pourtant très différents, ont la chance d'avoir atteint l'année de terminale. Elle donne la possibilité de passer la Sélection, un examen en forme de sésame pour entrer dans l'Enclave. L'Enclave est un lieu privilégié et préservé au sein duquel des scientifiques travaillent à améliorer les conditions de vie sur la terre.

Juste après s'être avoués leur amour, Orfée et Irdiss apprennent les résultats de la Sélection : le laborieux Orfée est admis, tandis que la fortunée Irdiss, pourtant d'une grande intelligence, reste en-dehors de l'Enclave… Le père de la jeune fille envenime la situation ; sa fille, accusée à sa place de corruption, est dégradée, amenée à travailler dans une usine. Malgré tout, Orfée et Irdiss continuent à se voir, à s'aimer. Mais tout les sépare au fil du temps. Orfée devient un Augmenté, bénéficiaire d'un sérum de jeunesse, et Irdiss se radicalise auprès de ses camarades d'usine.

Monde post-apocalyptique, amour impossible… Les ingrédients de ce tome unique ne sont pas nouveaux, mais Johan Heliot les saisit dans leur banalité pour mieux les infléchir d'une part, et nous les rendre proches d'autre part. Les amants malheureux que sont Orfée et Irdiss prennent la parole alternativement, jamais franchement en désaccord, éloignés plus par la force des choses que par leurs différences de vues. La bonne idée est d'avoir fait faire à l'intrigue des bonds dans le temps, d'abord des années, et même des décennies à la fin… Allongée, l'histoire perd peut-être en romanesque, en tension avec lesquelles on appâte le lecteur adolescent, mais elle gagne en maturité.

Et de la réflexion, l'auteur aguerri en propose largement. Ce n'est pas immédiatement la victoire des riches contre les miséreux, le glissement vers l'oligarchie de l'Enclave et de la fondation Carmin qui la gère est plus insidieux. Venus de très bas, Orfée et son amie Yaelle semblent réussir leur vie, tandis que le gouvernement n'hésite pas à faire un exemple de la belle et chanceuse Irdiss qu'on aurait pourtant bien vue en héroïne ultime. Evidemment, cette démocratie apparente ne durera pas, effritée par petites touches.

Certes, le modéré Orfée accusera le sérum de jeunesse de provoquer des sautes d'humeur (d'où la paranoïa progressive du Conseil d'administration de l'Enclave), mais l'égoïsme et la soif de pouvoir ne sont-ils pas aussi le propre de l'humain ? Et l'immortalité est-elle vraiment un graal, alors qu'il est poursuivi d'abord par Carmin, puis par ses détracteurs ? Certains la refuseront, gestes d'autant plus forts qu'ils restent discrets (la mère d'Irdiss…). Au lecteur de se faire sa propre idée sur ces questions essentielles suggérées finement, tout en profitant de ce roman très bien écrit, captivant même pour l'habitué de littérature d'anticipation.

Présentation par l'éditeur


Dans un futur proche apocalyptique, une fondation de mécènes bâtit l’Enclave, une ville dans la ville qui accueille les plus doués parmi la jeune génération, avec pour mission de développer leurs capacités intellectuelles et physiques afin qu’ils puissent sauver la planète. A seize ans, Irdiss échoue au grand test alors que Orfée, avec qui elle vit sa première histoire d’amour, est intégré dans l