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Le journal malgré lui de Henry K. Larsen

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 12 ans
: 9782330022495
14.50
euros

L'avis de Ricochet

Henry, suite à une histoire familiale dont on devine très vite qu'elle est douloureuse, se retrouve plus ou moins obligé par son psychiatre qui « porte un nom de fille Cecil et une queue de cheval, et porte des chaussettes à trous », d'écrire son journal. Bien malgré lui Henry s'y met. Il consigne jour après jour les petits évènements s qui se produisent dans sa vie. Il habite seul avec son père dans un tout petit appartement dans un grand immeuble anonyme. Il y a quand même deux voisins qui essayent de lier connaissance : un sri lankais qui fait toujours la cuisine et leur apporte des plats épicés et Karen une voisine entreprenante dont Henry a peur qu'elle lui pique son père. Au collège Henry voudrait aussi passer inaperçu mais il se fait vite attraper par un garçon gras d'origine chinoise qui l'entraîne dans le club des questions pour un champion. Henry confie des choses plus intimes à son journal au fur et à mesure sans presque s'en rendre compte. On a l'impression en lisant ce journal d'être un peu voyeur et l'on se dit qu'il ne faut pas faire de bruit pour ne pas effrayer Henry. Il se dévoile et on apprend que sa mère est en clinique psychiatrique. Il faut attendre le milieu du livre pour apprendre que le frère de Henry a tué un camarade de classe avant de se suicider. Le dit camarade était le frère de la meilleure amie de Henry. Et c'est en comprenant les raisons de ce meurtre que l'horreur va devenir complète. Henry réussit à en parler à son journal d'abord puis aux gens qui l'entourent parce qu'il va vivre une situation presque semblable avec son nouvel ami Farley : en effet celui-ci subit les mêmes moqueries et méchancetés que celles qui avaient amené son frère à commettre l'irréparable. Le déclic se fait en Henry qui lui permet de faire remonter à la surface un épisode particulièrement douloureux durant lequel il a été spectateur des violences subies par son frère. A ce moment Henry se rend compte qu'il doit agir différemment pour sauver Farley. Il arrive à inverser le cours des choses et convainc Farley de ne pas se cacher et de parler des vexations qu'il subit.

Quelle puissance dans ce très beau roman, de la jeune auteure canadienne Susin Nielsen. Quand on lit ce journal écrit à la première personne du singulier, on a l'impression de lire le vrai journal d'un jeune garçon, on accompagne le jeune Henry dans son deuil, on vibre avec lui, on souffre avec lui, on s'indigne avec lui : Henry doit non seulement accepter la mort de son frère mais aussi la perte de sa meilleure amie, il doit faire face au chagrin de ses parents et au lent mais inexorable démantèlement de sa famille. Il se rend compte que ses parents ne se remettront peut-être plus ensemble, trop malheureux pour se pardonner la mort de leur fils. Henry doit aussi recommencer à vivre et à ne plus se sentir responsable de la mort de son frère. Ce journal qu'il est doucement amené à écrire ainsi que ses rendez-vous avec son psychiatre se révèlent plus utiles qu'il ne le croyait. Malgré toute la violence de ce livre, on en ressort avec un sentiment d'apaisement et de douceur certainement dû à la délicatesse de l'écriture, à la justesse de ton mais aussi à l'humour présent tout au long de l'histoire.

Présentation par l'éditeur


Le énième psy que Henry voit lui demande de tenir un journal. Pour quoi faire ? Pourquoi revenir encore sur le drame familial ? Après s'être franchement moqué de ce jeune docteur, Henry, en douce, écrit... Un récit étonnant, poignant, drôle et fragile comme ce jeune garçon et ce que la vie réserve de bouleversant.