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Le fils

Frédérique Pressmann
Roman
à partir de 14 ans
: 9782211211703
19.00
euros

L'avis de Ricochet

Le passeur, L'Elue, Messager et maintenant Le Fils : Lois Lowry boucle sa série de type dystopique, centrée autour de quelques personnages qui auront vu plus loin que la société policée dans laquelle ils vivaient. Le Fils met en scène le petit Gabriel et sa mère (sa « mère porteuse », son « réceptacle ») Claire. Gabriel a été enlevé pour être sauvé par Jonas dans Le Passeur : Claire va chercher à rejoindre celui qu'elle ne peut abandonner. Suite à un naufrage qui l'amène au sein d'un bourg du bas de la falaise, elle mettra longtemps à atteindre le haut (extraordinaire entraînement à la montée), et le village pour lequel le Matty du Messager s'était sacrifié. Contre un tribut insoutenable au « commissaire troqueur », elle pourra côtoyer Gabriel, et aussi Jonas et Kira (L'Elue), désormais mariés et chargés de famille. Quel rôle Gabriel va-t-il jouer dans cette nouvelle équation, dans cette aspiration à une vie de tolérance pour laquelle chacun des personnages sus-cités a déjà largement contribué ?

Pouvant se lire de manière autonome, mais en fait complètement imbriqué dans les tomes qui le précèdent, Le Fils se scinde en trois parties distinctes, qui brassent des thématiques proches et au fond se complètent. Il y a d'abord Claire, femme-outil d'un monde utilitaire et glaçant, mère inséminée à quatorze ans. Rien que là, il y aurait beaucoup à réfléchir : eugénisme, contrôle de la population... Vient ensuite le temps de la vie dure mais solidaire au bourg de pêcheurs, comme une pause avant la suite, comme un contrepoint aussi à la première partie : là où il y a de l'amour, il y a de la mort, et vice-versa.

Le dernier morceau du roman nous ramène donc à ce fameux village, lieu de promesses, lieu de bonheur, idéal malheureusement à protéger sans cesse par le biais d'une relative autarcie (au moins une difficulté à l'atteindre). Le fantastique prend le dessus, même s'il était là dès le départ, et le « commissaire troqueur » peut sembler une figure symbolique du mal un peu facile... C'est bien le seul reproche qu'on fera à ce livre superbement écrit sur un mode sensible et lent, et d'une manière générale à cette quadrilogie sans cesse renouvelée, au ton qui détonnera longtemps.

Présentation par l'éditeur


Les pêcheurs l’ont surnommée Claire de l’eau. Quand ils l’ont arrachée aux flots et ramenée au village, la jeune naufragée ne se souvenait de rien, sauf de son prénom.
Personne ne sait qu’elle a grandi dans la communauté, une société où les couleurs n’existent pas et où les émotions sont interdites. Personne ne peut imaginer qu’elle a été programmée pour être mère porteuse, qu’elle a été