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L'arbragan

Album
à partir de 7 ans
: 9782923841700
16.00
euros

L'avis de Ricochet

Le petit narrateur se décrit d’emblée comme un solitaire, un contemplatif. Il se sent le mieux du monde auprès d’un grand et vieil arbre, qu’il a baptisé Bertolt. Chaque hiver, le jeune héros attend le printemps et la renaissance de son ami, qu’il est le seul à savoir escalader. Mais cette année, Bertolt ne se couvre d’aucune petite feuille verte… Même âgé de plusieurs centaines d’années, il ne peut pas le dire, et ce n’est pas facilement perceptible : Bertolt est mort.

Extrêmement triste, le jeune garçon qui nous raconte cette belle histoire ne se laisse cependant pas décourager. En souvenir d’un gant qu’il avait perdu des mois avant, il fait la tournée des objets perdus dans les écoles, récupère tous les gants et entreprend de couvrir chacune des branches de l’arbre avec ces couvre-mains pleins de couleurs… Le résultat est magnifique, l’arbre comme ressuscité, au moins fêté dignement.

Un trait rapide de bande dessinée accompagne le récit, un de ces traits qu’on verrait habituellement réservé à des gags. De l’humour, il y en a, à travers les observations de son voisinage par le héros : les petites habitudes de chacun sont moquées, réhabilitant ainsi la différence de notre personnage. Et puis, derrière l’humour, l’émotion pointe très vite. C’est une leçon d’ornithologie (avec de beaux dessins, qui montrent la palette de l’auteur), ce sont les essences d’arbres auprès desquels se presse le petit bonhomme… Sa solitude importe alors peu, car elle lui offre le monde et la nature.

Mais tout se passe autour de l’évidemment muet Bertolt. Tantôt nu, tantôt couvert de feuillage dans les souvenirs du héros, il offre sa force au regard, il offre ses branches et son écorce à la vie, puisqu’encore une fois le jeune garçon aime à observer toute la petite faune qui le peuple. La plus belle image reste celle de sa transformation post-mortem avec les gants : l’arbre devient une gigantesque fleur multicolore… Un album symbolique, émouvant, réussi.

Présentation par l'éditeur


Quand on est un petit garçon pas comme les autres et que cette différence ne nous embête pas, on peut très bien se lier d’amitié avec un arbre et l’appeler Bertolt. Il est un chêne très vieux et son immense feuillage est non seulement une cachette mais aussi une maison, un labyrinthe ou une forteresse. Un jour, un nouveau printemps arrive et Bertolt meurt. Quand un chat ou un oiseau décèdent, on