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Robinson le vendredi

Roman
à partir de 11 ans
282 pages
: 9782210965157
13.90
euros

L'avis de Ricochet

Voici l’histoire (vraie) de Robinson Crusoé, charpentier de son état, et aventurier en quête d’or au Brésil, naufragé sur une île inconnue au large de l’Orénoque, et qui a vécu vingt-huit ans en autarcie complète, avant d’être secouru par un navire anglais qui le ramènera en Angleterre. Il y rencontrera un vieil écrivain du nom de Defoe, Daniel Defoe, qui le convaincra de lui livrer ses souvenirs afin que l’aventure devienne le premier roman d’aventures anglais.

Mais alors ? Qui est Alexandre Selkirk, le marin dont dit s’être inspiré Defoe ? Philippe Limon n’y fait pas une seule fois allusion, mais par contre il donne sa version de l’aventure de Robinson Crusoé. Comme le héros de Defoe, l’homme est plein de ressources, il va rapidement organiser sa survie, mais il n’est pas un conquérant en milieu hostile, il va s’adapter. Peu à peu, il s’installe et domestique la terre, en semant le blé et l’orge ramassés dans les soutes de l’épave ; il ne chasse pas, car il sait mal utiliser la seule arme qu’il a récupérée sur l’épave, mais il élève quelques chèvres et porcs sauvages qu’il parque dans des enclos. Son premier pain est un événement. Philippe Limon imagine un Robinson écologiste et respectueux de la nature prodigue, un personnage en accord avec notre époque.

Avec le chien du capitaine, un perroquet devient le second compagnon de Robinson ; il le baptise Long John, clin d’œil au marin unijambiste d’un autre roman paru en 1883, L’île au trésor, de Robert Louis Stevenson. Comme Captain Flint le perroquet de Long John Silver, Long John choisit l’épaule de Robinson comme perchoir régulier. Les deux romans écrits à plus d’un siècle de distance se télescopent dans l’imaginaire du lecteur grâce à l’audace de l’auteur.

Après quelques années, Robinson ne guette plus vraiment les navires. Mais lorsqu’il entend des chants sur la plage, il se précipite : ce sont des cannibales qui font bombance ! Lors d’une deuxième incursion des cannibales, Robinson les fait fuir d’un coup de fusil, pour sauver leur prisonnier. Plutôt que de voir en lui un esclave ou un serviteur, le jeune homme devient son compagnon sous le nom de Vendredi, jour de sa renaissance. Bientôt le jeune homme ne rêve plus que de découvrir Londres, l’Angleterre, les brumes du nord. Lorsqu’un navire se met à l’abri dans la baie, Robinson comprend qu’il n’a pas le choix : Vendredi est un être libre et s’il souhaite partir, il doit l’accompagner et le protéger. Il va rentrer en Angleterre ; pourtant quitter son île est un déchirement.

À partir du mythe éternel du survivant, Philippe Limon brode une nouvelle légende, et, sur un canevas similaire, imagine de tout autres déclinaisons. Centré sur l’épisode de la vie sur l’île, son roman est aussi une grande aventure humaine, et en plus elle est humaniste. Écrite pour les jeunes, elle est à peine moins riche que la version de Defoe, mais les courts chapitres, les descriptions vivantes et colorées, les émotions qui traversent le héros et ses compagnons, Vendredi, le Capitaine, ou encore ce nouveau personnage, Benjamin Defoe, donnent à cette aventure un ton contemporain très convaincant. Le choix de colorer le texte en bleu est aussi une jolie manière de séduire le lecteur. « Chacun doit écrire son Robinson Crusoé » : pour fêter le tricentenaire de l’œuvre de Daniel Defoe, en réponse au souhait de Michel Tournier auteur de Vendredi ou la vie sauvage, cette réécriture a tous les atouts pour plaire. Souhaitons-lui « bon vent » !

Présentation par l'éditeur

Une adaptation et une interprétation surprenante de la folle aventure de Robinson Crusoé, et de ce qu'il advint de lui, une fois revenu à Londres après vingt-huit années d'exil.

Après avoir échoué sur une île déserte, Robinson Crusoé apprend à y survivre, puis à vivre avec sa solitude et à l’aimer. Au fil des années, cette île est devenue son île. Mais des cannibales surgissent un matin sur le