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Dans l'œuf

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 3 ans
: 9791023511611
13.50
euros

L'avis de Ricochet

Au commencement, Dans l’œuf présente douze formes ovoïdes plus ou moins grosses. Les coquilles dévoilent peu à peu les protagonistes – poussin, canard, tortue, crocodile, pingouin, serpent  une genèse en quelque sorte ! Commentée avec humour et distance , la situation des animaux réjouis à l’abri dans les coquilles vire vite au mal-être : « Tout était sombre et silencieux. Chaud et confortable. Mais ça n’est pas resté comme ça très longtemps »…

Emma Lidia Squillari joue sur la complémentarité du texte et de l’image pour susciter l’intérêt, puisque les animaux sont vite à l’étroit dans leurs coquilles trop minces. Il faut voir les contorsions terribles des oiseaux, les pattes coincées au-dessus de leur tête ou les nœuds que fait le serpent avec son corps pour comprendre que la situation est invivable. Une seule solution, sortir… donc naître !

C’est alors qu’un narrateur inconnu prend la parole : « Quand je suis sorti de mon œuf, j'ai réalisé avec surprise que je n’étais pas seul ». Qui parle parmi les animaux qui craquent les enveloppes ? La grande autruche chamboulée ? Le canard épuisé ? Mystère. Ils sont douze. Tous heureux, ils remplissent une belle pleine page. Ce narrateur mystérieux, s’excuse, s’accuse : « Je n’ai pas été très poli », « Je n’ai pas dit "Bonjour"… » (ni d’autres formules de politesse, ni au revoir !). Pour comprendre ce qu'il advient, il faut compter (12, 11 , 10, ...7, 6…) et observer  les images. Quel est l’animal qui grossit ? Quel est celui qui disparaît ? Quel est celui qui d’un seul coup est inquiet et comprend ?

Quand on prend conscience des disparitions et quand il ne reste que l’autruche et le crocodile, on se dit que ce n’est pas possible ! Mais si le coupable fait preuve d’une très grande plasticité, lorsqu'il est repu il ressemble à une énorme baudruche ! La fin n’en est que plus délectable parce que comme dans les contes populaires, tel est pris qui croyait prendre...

On pense à l’humour et à la patte de Gilles Bachelet dans cet album à compter par élimination. Tout est drôle : le texte qui ne dit rien ; les dessins tellement vrais et les animaux anthropomorphisés dans leurs expressions de joie, d’inquiétude ;  la progression narrative ; la surprise de la découverte du narrateur. Un album à utiliser dans bien des situations : avec des petits pour trouver qui est avalé ; avec des plus grands pour compter ; avec des plus grands encore pour saisir tout le sel de l’humour décalé et à tout âge pour le bonheur de la ré-création !

Présentation par l'éditeur

Douze œufs dans une page, douze petits à naître, douze éclosions. Douze animaux qui grandissent et prennent désormais leurs aises sur la double page, du plus petit au plus grand. Oui, mais voilà, parmi eux, le python n'est ni le plus poli ni le moins gourmand. Un par un, l'air de rien, il avale, il engloutit ses compagnons de page, sans leur dire ni bonjour ni s'il te plaît ni merci... Mais