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Docteur Hope

Roman
à partir de 12 ans
269 pages
: 9782226441645
12.50
euros

L'avis de Ricochet

En hémato, à l’hôpital, le Dr Hope se prend pour le directeur du centre aéré, le Père Noël, Merlin l’Enchanteur : en bref, il n’a de cesse de distraire les petits et les adolescents de leur présent d’enfant malade. Concert choral le matin avant le p’tit déj’, animations entre les examens, permissions spéciales, autorisations exceptionnelles : le quotidien n’est jamais rose, mais au moins il est coloré et plein de vie. Car la vie, c’est bien ce après quoi courent les soignants et les parents. Il faut convaincre l’enfant de subir pour guérir. Comme dit Sidonie : « Vite Gisèle, viens poser ma perf, pour que Lily chante pour moi ! » Ici, on est chez les apprentis de la vie, pas chez les mourants en puissance. La galerie de portraits est saisissante de vérité. Lily et Mouss vont quitter le service à la fin de l’histoire, mais en quelques semaines, ils vont tomber amoureux, apprendre à chanter ensemble, et participer eux aussi à l’animation ambiante. Gisèle l’infirmière en chef a bien sûr tout du cerbère, alors que Francine, l’aide-soignante martiniquaise, distribue les grigris. Pompon le chaton ronronne, se frotte et crache aussi, avant de s’enfuir de chambre en chambre. Sa douceur réconforte les tout-petits et ses mines attendrissent même la grincheuse Lily, la narratrice. Et c’est là que réside l’originalité, et le tour de force de ce petit roman. Sylvaine Jaoui, l’auteure, a choisi de faire alterner dans le récit de Lily plusieurs styles de communication. Des passages narratifs, qui ouvrent sur l’écriture théâtrale de certains épisodes, ponctués par les réflexions et les apostrophes au lecteur en arrière-plan mental de la jeune fille et, enfin, dans des encadrés de messagerie numérique, la correspondance d’Anne Hermé et Etty Miller, la tutrice et l’élève, dont la perspective d’adulte permet d’expliquer ce que Lily ne peut pas savoir. L’ensemble produit un récit rythmé, sans pesanteurs, sans sentimentalisme. Toutes les expressions stylistiques de Lily sont marquées du sceau de l’adolescence, sa façon caustique de nommer ses personnages (La Mère, Le Père, etc.), la description désespérée de sa relation terrible avec une mère très angoissée dont elle pourfend tous les travers, sa quête de la normalité auprès d’un père qui doit jouer le médiateur, l’amour absolu qu’elle voue à son lover sans oser lui avouer, la mise en scène burlesque de sa présentation aux Copines. Sylvaine Jaoui connaît par cœur la psychologie des ados, ou se rappelle très bien ses propres états d’âme. À noter : la qualité du travail de maquette et mise en forme qui sert de façon exceptionnelle le projet de l'auteure.

De ce monde à part, que la tragédie n’épargne pas, l’auteure nous offre un portrait tonique, réaliste, parfois cru, parfois dramatique. Et comme l’impossible s’accomplit aussi parfois, guérison ou succès public, la chute sera pleine d’espoir, riche de l’énergie déployée par le jeune médecin dans ce service d’enfants malades. Sans nul doute, le roman, facile et sans détours, mais d’une vraie finesse de sentiments, séduira le public d’adolescents auquel il est destiné.

Présentation par l'éditeur

Quand Mouss et Lili tombent amoureux l’un de l’autre, c’est dans le service d’hématologie du Docteur Hope, le médecin-musicien le plus génial et le plus dingue de la terre. Les deux ados ne savent pas encore que leur vie va bientôt basculer du coté du rêve. Ils n’imaginent pas que grâce à leurs talents d’artiste soudain révélés, ils vont passer des néons de l’hôpital aux sunlights des studios.