L'avis de RicochetDans un futur plus ou moins proche, la Charte de la vie stipule qu’un adolescent peut être « fragmenté » à la demande de ses parents, c’est-à-dire que ses différents organes sont répartis entre des malades qui en ont besoin : il n’est ainsi ni mort, ni vivant. Issu d’une famille pourtant unie, Connor prend la fuite quand il comprend que son père a signé un ordre de fragmentation. Il rencontre Risa, orpheline condamnée car elle dépasse les quotas imposés par l’administration, et Lev, victime de la foi aveugle de sa famille. Un temps séparés, les trois se retrouvent chez l’Amiral, un curieux homme qui prétend sauver les jeunes promis à la fragmentation.
Les romans d’anticipation imaginant des sociétés humaines rationalisées et radicalisées sont plus ou moins glaçants : Les Fragmentés atteint des sommets d’effroi. Le passage décrivant l’opération d’un jeune est particulièrement angoissant de suggestion (pas de sang dans ce roman), et le lecteur s’identifie très rapidement aux personnages et à leurs peurs. Même si la présence de l’intelligente Risa est indispensable à l’avancée de l’action, le récit au narrateur externe se centre sur Connor, instinctif et courageux, ado imparfait, en un mot humain. Les deux jeunes ont dès le départ pris la décision de se sauver, tandis que Lev, plus en retrait, joue le rôle du garçon dont l’esprit s’ouvre peu à peu à la réalité. Le récit chronologique est très rythmé, ponctué de bagarres, de poursuites, et aussi de quelques moments tendres ou tragiques… : de quoi captiver le lecteur. Si la fin est heureuse pour les héros et offre une échappatoire aux futurs fragmentés, elle n’est cependant pas une résolution. Entre progrès de la médecine et hyper-consommation, ce roman offre une réflexion terrible sur le droit à la vie, la liberté dont chacun dispose : la relève d’Aldous Huxley est assurée. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Editions du MasqueFondé en 1927 par Albert Pigasse, Le Masque a depuis toujours pour unique vocation de défendre la littérature policière. L'éditeur originel d'Agatha Christie défend un catalogue riche de 600 titres, répartis en quatre collections.
En février 2008, les éditions du Masque lancent Msk, une... |