L'avis de RicochetVictoria est une jeune fille qui ne saurait se satisfaire de sa plate existence ; il lui faut de l'imagination, de l'action, et elle trouve généralement son content de frissons parmi les livres de la bibliothèque municipale. Mais il suffit que quelques ouvrages disparaissent de ses étagères personnelles, que le gentil Jo lui demande si elle sait où sont les « les trois cheyennes » pour que Victoria démarre au quart de tour. Persuadée d'avoir vu des éperons aux pieds de son père, elle décide de suivre ce nouveau cow-boy...
Victoria rêve parle sans cesse de livres, du pouvoir d'illusion né de la littérature sans jamais citer un seul titre existant, et c'est tant mieux. Le lecteur n'est ainsi en rien perturbé, et, suivant un narrateur externe très discret, peut se plonger à loisir dans l'univers gentiment onirique de l'héroïne. Ne croyez pas toutefois que Victoria soit une simple rêveuse : jeune fille bien dans son temps, elle sait trouver sa place, mûre et sûre, au collège, entre les blondinettes telle Léa Garcia et les lycéens avec pantalons sur les fesses. D'ailleurs, son enquête, motivée au départ par des associations d'idées très floues, l'emmène vite vers des réalités modernes et dures... La façon neutre mais détaillée d'observer les pensées de Victoria génère de l'humour – on la sent littéralement sauter d'une idée à l'autre -, et aussi du suspense : où va-t-elle finir par arriver ? Mêlant avec beaucoup de tendresse les envolées dramatiques et le quotidien banal d'une adolescente, Victoria rêve se satisfait pleinement du mode court, sorte de longue nouvelle contemporaine. Illustré sur ses couvertures dépliables par François Place, l'ouvrage se lit d'une seule traite, laissant place ensuite à une sorte de douce contemplation de la part du lecteur enchanté. Décidément, Timothée de Fombelle, à l'instar de son personnage principal, possède l'art de se placer en décalé et de transformer nos réalités... Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
Brève présentation par l'éditeurVictoria voulait une vie d'aventure, une vie folle, une vie plus grande qu'elle. Et l'on disait tout autour d'elle : "Victoria rêve". Mais, depuis quelque temps, un monde imaginaire débarquait dans son existence. Elle avait l'impression d'une foule de personnages qui descendaient de sa bibliothèque en rappel pour venir semer leur pagaille. Victoria voulait savoir ce qui lui arrivait. Y avait-il un lien avec les livres qui disparaissaient de sa chambre ? Toutes ces pages étaient-elles en train de se glisser à l'intérieur de sa vie ? Cela devenait sérieux, étourdissant, comme une invasion.L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |