L'avis de RicochetPaolo réside à Trieste dans l’enceinte d’un établissement impressionnant : l’hôpital psychiatrique San Giovanni. Dans ce lieu clos, l’enfant se sent bien avec Marco pour ami, Marco, le vieux cheval, étoile sur le museau, qui transporte le linge sale et les ordures, Seul enfant, dans l’univers étrange des fous, « ignorants qui ils sont », il les détaille avec la tendresse complice de son grand-père. Un jour le docteur Franco Basaglia entre dans l’hôpital pour lutter contre l’enfermement et installer « la psychiatrie libre par les mots et la liberté ». Peu d’adultes autour de Paolo soutiennent ce projet mais ce qui compte pour lui, c’est Marco. Trop vieux pour accomplir sa tâche, Marco va être vendu, remplacé par une camionnette. Paolo comprend tout d’un coup qu’il faut sauver Marco… Avec beaucoup de sensibilité, l’argument linéaire et très classique construit autour de Paolo se double de toute une histoire véridique de la psychiatrie. Les illustrations en gris et bleu, scandent les évolutions de l’enfant et de l’asile, de l’enfermement individuel à la libération collective, symbolisées par le rôle de Marco, mort et ressuscité. Un très beau roman où texte et images délivrent un message fort et doux. Danielle Bertrand Voir la chronique de Danielle Bertrand
Brève présentation par l'éditeurPaolo vit à Trieste, en Italie, dans un endroit peu ordinaire, l’hôpital San Giovanni, car sa mère y est lingère. Y vivent des gens pas ordinaires non plus, certains sont très doux et d’autres très méchants, certains laids, d’autres beaux. Il y a l’homme qui se prend pour un arbre, la dame à la bouche toujours peinte en rouge. Marco n’a pas peur de ces malades « qui n’ont pas mal dans leur corps mais dans leur âme, qui voient des choses que personne ne voit ni n’entend. » Mais le seul à qui il parle vraiment, c’est Marco le cheval, qui transporte les ballots de linge. C’est un cheval aux grands yeux sages, intelligents et doux, mais qui est aussi bien fatigué. Aussi quand une petite camionnette blanche arrive à l’hôpital, Paolo se demande si elle n’est pas là pour remplacer Marco… surtout le jour où il se trouve face au boucher qui tourne autour du cheval en lui tâtant les flancs. Il se précipite alors dans le bureau du nouveau médecin, le docteur Pasaglia, car on dit de lui qu’il vient ici pour démolir les murs de l’hôpital, jeter tous les médicaments, donner la liberté aux fous... Alors pourquoi ne pas la donner aussi à Marco, qui a le droit de vivre après avoir tant travaillé ? Irène Cohen-Janca s’est inspirée de la véridique histoire du psychiatre italien Franco Basaglia, qui fut l’initiateur, dans les années 70 de la « psychiatrie démocratique ». Le grand cheval bleu a bien existé : des artistes avaient fabriqué en carton-pâte un immense cheval bleu, représentant Marco le cheval de corvée, qui fut promené dans les rues de Trieste pour symboliser cette volonté d’intégration des malades mentaux. Mais les jeunes lecteurs liront d’abord une très belle histoire d’amitié entre un garçon et son cheval, servi par la très belle force poétique de l’écriture de Irène Cohen-Janca, qui, après l’album Les arbres pleurent aussi, dialogue remarquablement avec les images de Maurizio Quarello. L'éditeur : RouergueLe département jeunesse des éditions du Rouergue a été créé en 1994 par Olivier Douzou juste après la parution de son premier album, Jojo la Mache. Auparavant, Olivier Douzou, alors salarié d'une agence de graphisme parisienne, avait réalisé la mise en page de plusieurs ouvrages des éditions du... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)Un ouvragre qui aborde la folie d ' une manière douce et tendre à travers les yeux de cet enfant.