L'avis de RicochetUne belle villa, une ambiance paisible, des rues impeccables, des jardins soignés, des citoyens aimables, des enfants et adolescents fort bien élevés, est-ce là le paradis ? Pas tout à fait. Il s’agit de Candor, une ville protégée, qui se veut idéale, conçue et bâtie par le père d’Oscar Banks, quelque part en Floride. Pour éviter tout débordement, tout relâchement, tout rapprochement suspects, le fondateur de Candor a mis en place un système de messages subliminaux, diffusés dans la cité, qui transforment les citoyens en automates souriants sous contrôle permanent.
Pourtant Oscar, le narrateur, résiste. Il vent garder sa liberté de penser et produit des contre-messages. Il les vend à ceux qui souhaitent fuir Candor, et espère quitter la ville lui aussi quand il aura assez d’argent.
Oscar mène donc une double vie : il est en apparence le fils parfait de son père, apprécié et plébiscité par tous ; il est en réalité un résistant solitaire agissant dans le plus grand secret.
C’est alors que surgit Nia, une adolescente rebelle elle aussi, qui aime la vie, la fête, le dessin et l’art, activités tout à fait inutiles selon des critères établis par le fondateur. Oscar tombe amoureux de cette jeune fille si vivante, que Candor n’a pas encore formatée. Jusqu’où Oscar est-il prêt à aller pour vivre et sauver cet amour ?
Les résidences protégées existent en réalité et se développent dans de nombreux pays. Plutôt que d’améliorer le monde, on s’enferme, on s’en retire, on vit entre soi, bien à l’abri.
Dans ce roman d’anticipation, Pam Bachorz, auteure américaine qui a vécu dans l’une de ces cités sécurisées, ne fait que pousser à l’extrême les tendances sécuritaires et individualistes de certains nantis de la planète. Elle nous propose ici une variation du « Meilleur des mondes », puisque les habitants de Candor sont parfaitement conditionnés et sous contrôle permanent. C’est le point de vue d’Oscar qui nous est donné. Ce personnage adolescent, profondément marqué par une histoire familiale douloureuse, est lucide et fort. Il a mis en place un système pour survivre dans le totalitarisme conçu par son propre père, sorte de savant fou effrayant, entièrement possédé et obsédé par sa conception autoritaire du bonheur.
Le récit a d’autant plus de force qu’il reste constamment ancré dans un quotidien contemporain et réaliste. A faire lire largement pour réfléchir sur la société que l’on veut bâtir.
Catherine Gentile Voir la chronique de Catherine Gentile
Brève présentation par l'éditeurOscar Banks vit dans la cité idéale, imaginée et construite par son père.
Ici tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme. Afin de maintenir la ville sous
contrôle, son père émet des messages subliminaux qui rythment la vie des
heureux habitants. À chaque situation, une formule toute faite, une solution, une réponse, ainsi la vie est facile.
Oscar, lui, lutte depuis le début du projet. Il enregistre des contre-messages pour garder son libre-arbitre, il les vend aux rebelles qui veulent s'échapper de Candor. Ainsi vit-il une double vie : fils parfait, citoyen hautement recommandable, toujours prêt à rendre service, le sourire aux lèvres et résistant solitaire, qui fait des affaires sous le sceau du secret, boit de l'alcool, lorgne les filles. Nia va abattre ses résistances, rebelle, amoureuse d'art, il sait qu'elle va devenir comme les autres, très vite, s'il ne lui donne pas l'antidote. Amoureux, sincère pour une fois, il sait aussi que s'il lui dévoile le secret de Candor et sa manière de résister, elle refusera peut-être de passer d'une domination à une autre ?
Et qui lui dit qu'Oscar est sincère, qu'il ne veut pas se jouer d'elle... Oscar devra affronter le dilemme, risquer de perdre l'estime des citoyens de Candor, l'amour de son père, de subir la rééducation dans la Chambre d'écoutes qui annihile toute volonté. Bref, choisir définitivement son camp.
Lire un extrait sur le site de l'éditeurL'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |