L'avis de RicochetQuatre histoires, chacune occupant un quart de double-page : ainsi se présente ce très étonnant livre de David Macaulay. Etonnant, parce qu’ici l’Américain (né en Angleterre) semble prendre un malin plaisir non à construire, comme dans sa magnifique Cathedral, mais à déconstruire, à jouer avec les attentes du lecteur, à détourner les codes habituels, plongeant enfants et adultes dans une perplexité ravie.
Un enfant dans un train, qui va rejoindre ses parents ; des voyageurs en rade sur un quai de gare ; des vaches Holstein qui s’échappent de leur enclos – et elles ne sont pas les seules ; des parents qui rentrent à la maison dans une sorte d’état second…
Quatre histoires donc, que tout sépare – et d’abord, spectaculairement, leurs styles graphiques – et que tout cependant peut relier, le passage d’un train, celui dans lequel se trouve l’enfant, celui dont le retard est annoncé, mais aussi celui (cela n’est ni dit ni montré, mais de notoriété publique !) que les vaches observent peut-être ; et puis le noir et le blanc, celui de la peau des bêtes, d’un papier journal, d’un costume de bagnard, mais surtout le noir et le blanc de la page d’écriture, où l’on raconte des histoires et l’on ouvre tous les possibles.
Une sorte de collision temporelle et visuelle, où les quatre quarts de page semblent n’en faire plus qu’une, en noir et blanc, suggérerait une imbrication et donc un sens final, mais non, ce n’était qu’un leurre, un instant suspendu où les événements peuvent prendre l’une ou l’autre direction, et ils ont pris l’autre, s’éloignant à nouveau…
Le mot de la fin ? Une main qui soulève une gare miniature, celle d’un train en bois peut-être, déplaçant du coup le point de vue en suggérant que tout est jeu, tout est imaginaire. Mais ça on l’avait compris depuis belle lurette… Revue PAROLE Voir la chronique de Revue PAROLE
L'éditeur : Le Genévrier Le Genévrier. Son nom est celui du titre donné à l’un des contes les plus remarquables des Frères Grimm. Conjuguant la force du récit et l’art de la ritournelle, ce conte illustre à merveille le thème de la métamorphose et de la résurrection.Lire la suite |