L'avis de RicochetLes parents de Léna sont très peu disponibles : sa mère préfère fuir un père coincé à la maison devant l’histoire qu’il écrit sur son ordinateur. La petite fille va seule à l’école, et découvre avec stupéfaction les transformations progressives de la ville. Les immeubles, les voitures tombent en ruines sous les assauts de la végétation du monde des Imaginaires, tandis que les forces du bien se préparent à affronter celles de la nuit, et en particulier une certaine Leucémia. Protégée par un puissant troll, Doudou, Léna plonge dans ses souvenirs pour contrer Leucémia… quitte à y laisser sa vie.
Puissant, magnifique, le récit vaut par une multitude d’aspects et témoigne d’un écrivain dont le talent était arrivé à une superbe maturité. C’est un roman fantastique haletant, angoissant, rappelant Stephen King (la comptine) autant que Tolkien (les peuples imaginaires). C’est une fiction dans la fiction, le cri d’amour d’un père pour sa fille malade (quoique simplement suggéré, on comprend assez rapidement ce paramètre). C’est une réflexion sur le pouvoir de la littérature, capable de créer des mondes, de consoler, de panser des plaies au-delà de la mort. Et enfin, c’est un peu aussi le testament du génial Pierre Bottero… Les nombreuses illustrations en couleurs, aux cadrages et insertions variées dans la page, finissent de rendre beau cet objet lourd en mains autant que de sens. A la fois sain, subtil et passionnant.
Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : RageotEn 1941, Tatania et Georges Rageot fondent les éditions G.T. Rageot, pour "donner à lire autre chose aux enfants que la comtesse de Ségur ou Jules Verne et leur faire découvrir à travers des romans d'auteurs étrangers la vie des enfants des autres pays". 113 titres sont publiés entre 1941 et 1959, date du... |