L'avis de RicochetBienvenue parmi la galerie de monstres de Claudine Desmarteau. Il s’agit des démons qui taraudent, en permanence ou occasionnellement, son cerveau, son cœur, ses poumons, ses intestins. Impossible de s’en débarrasser, alors autant apprendre à les connaître ; à chacun, elle a donné un nom qui rime : Eloi le dégoût de soi, Firmin le mesquin, Marguerite l’hypocrite… Leur apparence est signifiante : l’avidité a plein de mains, le boulimique ressemble à une religieuse en chocolat. Ce sont des dragons, des fantômes, des ogres velus aux sourires souvent plein de dents et aux couleurs éclatantes sur la page blanche. On s’amuse à les examiner, à les voir errer dans le corps du narrateur (effet dégoûtant garanti). Ce dernier s’exprime en vers, à travers une complainte désespérée : « Ces vauriens ne glandent rien et vivent à mes crochets, ils me ratissent les boyaux et me grignotent le cerveau. ». Une deuxième lecture fait frémir : nous aussi, ne serions-nous pas infestés de petits démons à la Bosch, dont certains (l’alcoolisme, la dépression) peuvent détruire toute une vie ? Drôle et acide, pour petits mais surtout pour grands, comme toujours chez Claudine Desmarteau. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Albin Michel Jeunesse Les livres jeunesse ont eu leur place au catalogue dès la création d’Albin Michel en 1900. Mais, avec la pénurie de papier de l’après-guerre, les publications jeunesse s’arrêtent. Ce n’est qu’au début des années 1980 que Francis Esménard,... |