L'avis de RicochetSid, le jeune narrateur de 13 ans, est issu d’une famille très pauvre, si pauvre que ses parents l’échangent contre leurs dettes à Oncle Plus, le prêteur sur gages. Celui-ci le revend à Ashraf, un riche propriétaire d’éléphants, dont le camp est installé dans les faubourgs de Bengaluru, la ville tentaculaire que l’on appelle aussi Electronic City. Sid devient donc apprenti et va vivre dans le camp, avec les géants entravés que sont les éléphants captifs et leurs dresseurs, les mahouts.
Sid n’est pas muet mais il ne parle pas. Quelque chose en lui est bloqué. Aussi observe-t-il sans cesse la vie du camp et la manière dont les éléphants sont traités. Il communique avec le jeune Lakshmana, apprenti comme lui, qui devient son seul ami.
Les éléphants sont vénérés en Inde et Ashraf gagne de l’argent en louant ses bêtes pour des cérémonies religieuses ou privées, pour des tournages de cinéma ou de publicité. Pourtant ils vivent dans des conditions misérables, ils sont mal nourris, mal soignés, battus par leurs dresseurs, blessés par les chaînes qu’ils portent sans cesse, brûlés par l’asphalte des routes. La captivité les rend nerveux, agressifs et les rapports qu’ils entretiennent avec les humains sont essentiellement basés sur la violence, sur le rapport de forces. Sid comprend tout cela, apprend à approcher les bêtes mais rêve de s’enfuir. Un jour il y parvient lors du tournage d’un film et il rejoint une fondation qui agit pour la protection des éléphants et la formation des mahouts. Sid découvre enfin un autre monde, plus humain, où il se sent à sa place …
Patrice Favaro, grand connaisseur de l’Inde où il séjourne fréquemment, écrit là un roman passionnant qui permet aux lecteurs français d’appréhender une réalité complexe quant à la situation catastrophique des éléphants dans ce pays. Il a choisi la fiction pour cela, par le biais d’un adolescent sensible et intelligent, dont l’évolution psychologique est finement analysée. Dans la postface, P. Favaro explique que tout ce qu’il écrit dans le roman sur les éléphants, qu’ils soient captifs ou encore libres, est vrai.
« C’est de cette réalité-là, de tout ce que les hommes sont capables envers les éléphants, du pire comme du meilleur, que j’ai voulu témoigner dans Mahout. Cette expérience m’a démontré une fois de plus que ce n’est pas le monde réel qui est désespérant : c’est notre renoncement à le voir tel qu’il est. L’observer sans aucun préjugé afin d’en donner son propre témoignage en partage à travers un roman, c’est pour moi une bonne façon de faire changer le regard qu’on porte précisément sur ce même monde. »
Les livres ont parfois ce pouvoir : dire la réalité pour que le lecteur puisse appréhender le monde et peut-être le changer. Alors il faut lire Mahout, en parler et le faire circuler dans notre monde parfois si cruel.
Catherine Gentile Voir la chronique de Catherine Gentile
L'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)J'edite en aitre une New letter Renover-immobilier.fr et j'ai publie plusieurs livres comme "les passages de Paris" ou "le Paris du Baron Haussmann"
Je vais acheter votre livre evidemment
Très cordialement
Christian Mahout