L'avis de RicochetDaze a du mal à vivre depuis la mort de sa mère, survenue trois ans plus tôt. Son père lui a dit qu’elle était morte d’un cancer et Daze souffre énormément de l’absence, du vide, de l’amour perdu. Elle est hantée par des souvenirs violents. Elle habite à présent dans une autre maison, avec son père, chercheur et ingénieur en informatique à l’université, et son petit frère. Elle consulte régulièrement un psychologue.
Alors qu’elle attend son père dans son bureau de l’université, Daze entend la voix de sa mère, puis surprend une conversation entre ses parents. S’introduisant en cachette dans la pièce interdite, Daze trouve la tête de sa mère reliée à un ordinateur. Passé le choc de cette découverte, Daze comprend qu’elle a à faire à un androïde, qui a certes la voix de sa mère, son visage, mais dont la conversation reste très limitée et qui ne manifeste aucune émotion. Malgré tout, Daze s’accroche à l’androïde, parle avec elle, guette d’éventuels progrès de communication et de sentiments. Daze se perd dans ces discussions et ses sentiments sont complexes : parfois elle considère l’androïde comme une simple machine, parfois elle voudrait retrouver sa mère disparue ; parfois elle l’aime, parfois elle le déteste. Quand elle découvre un jour que son père, qui entame une relation avec une autre femme, a rangé l’androïde dans un placard du sous-sol de l’université, elle s’affole …
Rune Michaels signe là un roman magistral, dans lequel elle explore la complexité des sentiments, la difficulté à affronter le deuil et la culpabilité, à accepter de vivre malgré l’absence. Elle s’intéresse aussi à la relation homme / machine, en inventant cet androïde à la fois fascinant et pathétique, auquel Daze s’accroche. Cette jeune fille éclaire tout le roman et capte très vite l’attention et la sympathie des lecteurs. On l’aime dans sa quête, dans sa manière de survivre, dans son balancement entre les désirs de son inconsient profond et ce que lui dicte sa raison, dans son chemin douloureux pour apprivoiser la vérité de la mort de sa mère. Magnifique.
Rune Michaels confirme ici son talent de romancière avec ce deuxième roman. Le premier, Genesis Alpha, publié en 2008 chez Milan dans la collection Macadam, avait été très remarqué, proposant une réflexion sur le progrès scientifique et sur l’identité.
Elle vit à Reykjavik, en Islande.
Catherine Gentile Voir la chronique de Catherine Gentile
L'éditeur : CastermanCréée en 1780 par Donat Casterman, cette entreprise d'imprimerie et d'édition se succède de père en fils depuis plus de deux siècles. En 1934, Louis Casterman prend le relais du Petit Vingtième pour la publication en recueil des Cigares du Pharaons, le quatrième épisode des aventures de Tintin... |