L'avis de RicochetBretagne, 1914. Le jeune rebouteux Gwen passe dans un monde énigmatique, mi-passé mi-fantastique. Il est apprécié et utilisé pour ses dons de guérison, lie sa vie à celle d'un oiseau, obtient le diplôme de médecin suite à une épidémie de peste… Quatre ans passent, Gwen veut rentrer chez lui.
Premier roman de l'illustrateur François Place, La Douane volante ne déçoit pas. Inspiré originellement d'un tableau flamand du XVIIème siècle, il rend compte d'un pays pas si loin de la réalité historique, et pourtant radicalement imaginaire dans ses petits détails : le pibil siffleur est un oiseau alcoolique, des canons se fabriquent dans un jardin de fer, etc. On pense évidemment aux Géographies d'Orbae, et le monde créé ici tient de la même ampleur, de la même véracité. Tout au long de l'intrigue, l'auteur continue à brasser des thématiques qui lui sont chères : le jeune héros égaré, le voyage plus ou moins initiatique, la mer et les hommes… S'y rajoutent la médecine et les recherches anatomiques, interdites à l'époque suggérée. L'intrigue assez lente prend le temps de poser les situations, en une atmosphère étrange, aussi désuète que violente. Un malaise délicieux naît de ce décalage ; le lecteur se laisse emporter par sa curiosité. Le narrateur Gwen est touchant, adolescent perdu qui va apprivoiser son don et se fait une place dans le monde – Bretagne réelle ou Pays Bas fictifs. L'écriture d'une grande rigueur, la langue maîtrisée parviennent par leur richesse à imprimer des images dans nos esprits, tout comme les illustrations de l'artiste se paraient d'une beauté assez cérébrale, presque littéraire. Finalement, c'est peut-être cela qui fait le grand talent de François Place : une extraordinaire capacité à solliciter l'imaginaire de tous nos sens en partant d'un seul, quel qu'il soit. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |