L'avis de RicochetMarie-Antoinette commence désormais à bien connaître l’étiquette complexe de la Cour française de Versailles, mais, par l’ambassadeur Mercy-Argenteau, elle reste encore très liée à l’Autriche et sa mère l’impératrice Marie-Thérèse. Jeune et pensant surtout à s’amuser, elle court le risque incessant d’être manipulée, et son confident l’abbé Vermond veille au grain. Le début des années 1770 est occupé aux mariages des deux frères du dauphin, et un « jeune parti » des princes semble se constituer, en-dehors de la grande querelle de Mesdames, filles de Louis XV, avec la favorite, la duchesse du Barry. Peu à peu, Marie-Antoinette va s’émanciper de la tutelle de Vermond et Mercy, elle découvre les plaisirs des bals à Paris, rencontre pour la première fois le bel Axel de Fersen, et enfin devient – avec une certaine appréhension – reine de France à la mort de Louis XV…
Dans ce troisième tome, Marie-Antoinette se transforme en femme adulte, capable de séduction, friande d’amusements, acceptant difficilement qu’on lui dicte sa conduite et aussi faisant preuve de plus d’intelligence qu’on n’en attendait d’elle. Si elle se révèle fine politicienne, elle n’est, au grand dam de ses deux mentors, absolument pas intéressée par le sujet et pas décidée à influencer son mari… Le roman, qui garde un narrateur externe, se concentre essentiellement sur les dévoués Vermond et Mercy, dont les pensées relatées éclairent le lecteur sur les mécanismes, les stratégies et les complots de la Cour de manière approfondie. Le talent d’Anne-Sophie Silvestre consiste à exprimer de façon plaisante et lisible des phénomènes qui trouveraient tout à fait leur place dans un ouvrage pour adultes. Il eût été facile de se concentrer sur les jolies robes et les sorties, sur la psychologie de la dauphine au quotidien aisé, faisant de cette série un simple « roman pour filles ». Or, l’auteur nous convie à une véritable leçon d’histoire, certes débarrassée de détails techniques, de chiffres, mais décortiquant avec suspens et rythme les tenants et les aboutissants de décisions à l’importance nationale. C’est absolument véridique et totalement captivant ; on vérifie une fois de plus que le Versailles de l’Ancien Régime, microcosme autarcique, concentration de tous les sentiments humains, n’a pas fini de fasciner. A suivre ! Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Père Castor FlammarionL'apparition, en décembre 1931, des Albums du Père Castor marque un tournant décisif dans l'évolution du livre pour enfants en France.
Fondées par Paul Faucher (1898-1967), un jeune libraire passionné de pédagogie qui avait créé le Bureau français d'Education nouvelle et la collection "Education" chez... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)L’ambassadeur Mercy-Argenteau et l’abbé Vermond l’entourent plus que jamais et la guident dans ses premiers pas politiques. Les intrigues sont nombreuses et les risques de manipulations, ourdis par les différents clans de la cour, constants. La jeune femme découvre ses nouvelles belle-sœurs. Doit-elle s’en faire des amies ou des ennemies ? Les jeunes princesses sont épiées dans leur vie privée, et les pronostiques vont bon train : Marie-Antoinette n’a toujours pas d’enfant, son couple avec Louis-Auguste n’en est pas un. Ses belle-sœurs procréeront-elles avant elle ? Donneront-elles cet héritier qu’on attend ?
Ce roman nous fait découvrir, avec un grand réalisme historique, le quotidien et l’éducation de cette jeune femme destinée aux plus hautes fonctions de l’Etat. On la voit prendre de l’assurance, apprendre à réfléchir, se rebeller contre la tutelle omniprésente de sa mère pour gagner une liberté tout relative. Le tout se lit facilement. Pour tout dire, c’est passionnant !