L'avis de RicochetLakshmi, 13 ans, vit pauvrement au Népal en attendant le mariage avec son promis. Mais son beau-père, alcoolique, violent, veut qu’elle parte tout de suite. La jeune fille croit aller travailler à la ville gagner de l’argent pour sa famille ; elle a en fait été vendue à une tenancière de maison de passe en Inde. L’enfer commence.
Patricia McCormick a passé un mois au Népal et en Inde pour se documenter sur le sujet dramatique de la vente et de la prostitution des enfants. Son roman est un témoignage choquant, un cri d’alarme pour les occidentaux (ados comme adultes). En petits chapitres très courts, en phrases minutieuses s’attachant aux détails de la vie, la narratrice Lakshmi raconte son quotidien bravement, n’élude aucun passage sordide des viols dont elle est victime. Le temps du présent de la « Maison du Bonheur » s’oppose au passé utilisé pour évoquer les années heureuses au Népal. La jeune fille nous parle aussi de son combat pour apprendre à lire et écrire, de sa peur de ne plus avoir de sentiments, de sa volonté de s’en sortir malgré tout… Départs, retours, nouvelles arrivées : la maison de passe change sans cesse, dévore ses pensionnaires avant des les lâcher dans la rue. Lakshmi, devenue rapidement une des plus anciennes, tisse des liens, sinon d’amitié, du moins de solidarité avec les autres filles : petits trucs pour avoir moins mal, se soigner et manger mieux, débats autour des films à la télévision (dont la place abrutissante est centrale), etc. Les ONG apparaissent tardivement dans le livre, sont discréditées par les discours mensongers des proxénètes. Ne pouvant pas compter sur des forces de l’ordre corrompues, les humanitaires agissent au cas par cas : un travail sans relâche, de fourmi. 13 ans, 10 000 roupies est ainsi concret, brutal, mais pas désespéré : un beau texte courageux qui se veut tourné vers l’avenir. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)Et pourquoi pas s'engager dans les associations qui luttent contre cet esclavagisme...
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