L'avis de RicochetAutomne 1789. Louis, Marie-Antoinette et leurs deux enfants se réfugient aux Etats-Unis, accompagnés de La Fayette et de Jacques Charles, créateur du ballon à gaz. Naturalisés américains, ils entament là-bas une nouvelle vie. Louis Bourbon fonde bientôt la compagnie Franklin et Associés, qui organise le transport aérien en ballon sur tout le pays. Sa fille Charlotte, surnommée "la Fille de l'air", devient une experte en pilotage. Mais ces progrès donnent des idées à ceux qui ont soif de pouvoir, notamment un petit Français, Napoléon Bonaparte...
L'uchronie, fait de réécrire une période de l'Histoire en bouleversant un de ses événements décisifs, connaît ses amateurs, et désormais sa collection. Johan Heliot a choisi une époque fondatrice, la Révolution Française, et imaginé un Varennes réussi, jouant ainsi sur ce qui n'a pas manqué de faire fantasmer des générations d'historiens. Si ce n'est qu'ici, le roi déchu se désengage totalement de la situation française, pour investir un autre mythe en construction, celui de la création des Etats-Unis, avec tout ce qu'il génère : la naissance des villes, la place des Indiens, l'esclavage... Y introduire les ballons à gaz ne détonne pas ; les techniques de la fin du XVIIIème siècle auraient tout à fait pu permettre le développement d'une telle "marine céleste". Côté personnages, l'auteur nous fait découvrir une famille royale pas désagréable du tout : un Louis débrouillard en affaires, ouvert aux réformes, une Marie-Antoinette femme et mère dévouée (certes gourmande de brioche...), un dauphin malicieux, en pleine forme, et surtout une Charlotte volontaire, passionnée, entreprenante. Racontée par un narrateur externe, l'histoire se centre autour d'elle, la faisant passer des tragiques aventures familiales d'une petite fille aux emportements d'une jeune fille, amoureuse de son indépendance et d'un corsaire, Surcouf... (le jeu des références est continu dans le roman et l'on croise Franklin scientifique, Washington bonhomme, le roi d'Angleterre déconfit, Napoléon enragé, etc.). La fin, véritable pied-de-nez à l'Histoire avec un Louis défenseur des libertés, ferait presque - j'ai bien dit presque - regretter la chute de la monarchie. Profondément réjouissant pour ceux qui connaissent bien la période, le livre est aussi un excellent roman d'aventures, dans une écriture de qualité et relativement simple. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Père Castor FlammarionL'apparition, en décembre 1931, des Albums du Père Castor marque un tournant décisif dans l'évolution du livre pour enfants en France.
Fondées par Paul Faucher (1898-1967), un jeune libraire passionné de pédagogie qui avait créé le Bureau français d'Education nouvelle et la collection "Education" chez... |